BIONIC

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Le prix de l’exploit

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(Biônicos). Brésil. 2024. Réal.: Afonso Poyart. Scén.: Josefina Trotta. Prod.: Mariana Marcondes, Cristiane Miotto et Jatir Eiro. Photo : Carlos André Zalasik. Mont. : Lucas Gonzaga. 1h50. Avec : Jessica Córes, Bibi Flor, Emilly Nayara, Bruno Gagliasso. (Netflix).

 

Dans un futur proche, le milieu sportif n’est plus le même. Des athlètes équipés de prothèses bioniques ont en effet remplacé les hommes et femmes normaux et prennent part à des compétitions de plus en plus spectaculaires, pour le plus grand bonheur du public. Maria, ancienne championne de saut en longueur ne pouvant rivaliser avec ces sportifs augmentés, accepte de rejoindre une organisation venant en aide aux athlètes non bioniques et qui mène des actions criminelles pour récolter de l’argent.

 

Voilà un film de SF pour le moins singulier. Réalisée par Afonso Poyart, cette production brésilienne prend en effet pour cadre le monde du sport ce qui, avouons-le, n’est pas si courant dans le genre. Car avec cette histoire, la scénariste Josefina Trotta nous interroge sur cette quête permanente de performances et sur notre désir constant de sensationnalisme. Les athlètes normaux sont ici relégués au placard et vivent dans l’ombre d’êtres modifiés par la technologie et capables d’exploits extraordinaires. À tel point que certains sportifs songent à se faire amputer de leur membre pour pouvoir participer à des compétitions toutes plus impressionnantes les unes que les autres et qui, surtout, leur permettent d’être grassement rémunérés. Le jour où Maria, l’héroïne, va à son tour être équipée d’une prothèse, son existence s’en trouvera bouleversée. Bionic marie ainsi anticipation, drame et thriller et, bénéficiant d’effets spéciaux convaincants, alterne images impressionnantes de sauts en longueur et scènes d’action nerveuse avec une belle énergie. Certes, le récit souffre de quelques longueurs par moments mais l’intrigue est suffisamment bien menée pour maintenir l’attention du spectateur en éveil durant 1h45. D’autant que l’interprétation est à la hauteur, Jessica Córes se révélant parfaite dans le rôle Maria, écartelée entre sa carrière sportive et sa rivalité avec sa sœur. Au final, si Bionic n’est pas le film de l’année, loin de là, il s’impose comme un divertissement des plus honnêtes qui a le mérite d’aborder des sujets peu traités dans la science-fiction et qui, en cette année olympique, soulève quelques questions sur le devenir des compétitions sportives.

 

Erwan BARGAIN

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