SOUS LA SEINE

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LA CRITIQUE DE L’ECRAN FANTASTIQUE

SOUS LA SEINE

Les Dents du Fleuve

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France. 2024. Réal : Xavier Gens. Scén : Xavier Gens, Yannick Dahan, Maud Haywang d’après une idée de Sébastien Auscher. Prod.: Sébastien Auscher. Photo : Nicolas Massart. Mus.: Alex Cortés, Anthony d’Amario et Edouard Rigaudière. Mont.: Riwanon Le Beller. 1h44. Avec : Bérénice Bejo, Nassim Lyes, Léa Léviant, Sandra Parfait. (Netflix).

 

 

Eté 2024. Paris s’apprête à accueillir les championnats du monde de Triathlon. Sophia, une scientifique au passé douloureux, est alertée par une jeune militante écologiste, de la présence d’un énorme requin dans la Seine. Avec l’aide de la police fluviale, elle va tenter d’éviter un éventuel carnage…

 

Auteur, entre autres, de Frontière(s), The Divide ou encore du très bion Cold Skin, Xavier Gens est aujourd’hui de retour avec l’une des productions Netflix les plus attendues de ces derniers mois. Du moins par les amateurs d’horreur et de gros poissons avides de chair humaine. Car, Sous la Seine n’est ni plus ni moins qu’un pur produit de la sharksploitation, mais en version… parisienne. Inutile de nier que, sur le papier, l’idée d‘un requin semant la terreur dans les eaux de la Capitale prête à sourire (moins que la tornade de requins de Sharknado, cependant). Mais c’est pourtant le défi qu’a décidé de relever l’auteur de Hitman. Doté d’un budget confortable de plus de 19 millions d’euros, le film s’ouvre sur une citation de Darwin vantant la capacité des espèces à s’adapter à leur environnement et plante le décor en quelques secondes en abordant le problème du réchauffement climatique et de la pollution des océans. Cette dimension écologique est évidemment omniprésente dans l’histoire mais n’altère en rien le spectacle proposé par Xavier Gens. Très à son aise quand il s’agit de distiller l’angoisse et le suspense, ce dernier nous offre quelques scènes mémorables, à l’image de ces passages dans les catacombes ou encore lors du triathlon. D’une manière générale, les séquences subaquatiques dans une Seine polluée à outrance sont particulièrement efficaces et procurent de belles sueurs froides. Le cinéaste alterne ainsi, avec bonheur, action, suspense et horreur (il y a évidemment un peu de sang et des membres amputés) et nous gratifie d’un final impressionnant qui, à lui seul, mérite le détour. Il parsème, en outre, son métrage de quelques clins d’œil à d’autres productions (Piranhas et Jaws, les deux mètres-étalons en la matière) mais également à l’actualité, en témoigne le personnage de la maire de Paris, croisement entre les actuelles première magistrate de la ville-lumière et la présidente du Conseil Régional, ce qui évidemment s’avère assez savoureux. Alors, certes, le métrage comporte de nombreuses invraisemblances, notamment pour les spectateurs qui connaissent un peu la plongée sous-marine (la séquence pré-générique quand l’héroïne, en apnée, est entraînée vers le fond par le requin), mais le but du réalisateur n’est pas de nous livrer un documentaire ou une guide d’apprentissage mais un divertissement de qualité susceptible de faire frissonner le public, voire de le faire réfléchir aux problèmes environnementaux. Et il y parvient haut-la-main, Sous la Seine s’imposant comme une série B aussi fun que réjoussante, qui prouve une fois de plus que le cinéma de genre français n’a jamais été aussi vivace que ces dernières années.

 

Erwan BARGAIN

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