THE SEEDING

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THE SEEDING

Un suffocant huis-clos à ciel ouvert

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USA. 2023. Réal. et scén.: Barnaby Clay. Prod.: Brian R. Etting et Josh H. Etting. Photo : Robert Leitzell. Mus.: Tristan Bechet. 1h40. Avec : Scott Haze, Kate Lyn Sheil, Alex Montaldo, Charlie Avink. (Shadowz).

 

Wyndham, un randonneur, se rend dans le désert afin de photographier une éclipse solaire. Au retour, alors qu’il s’apprête à regagner sa voiture, il tombe sur un enfant qui prétend être perdu et à qui il propose son aide. En vain. À la nuit tombée, égaré au milieu de nulle part, Wyndham trouve refuge dans une maison, construite au fond d’une fosse et où une femme peu bavarde vit seule, retirée du monde…

 

Premier long-métrage de fiction de Barnaby Clay, qui était jusqu’ici surtout connu comme réalisateur de clips, The Seeding est une œuvre surprenante qui, dès les premiers instants happe littéralement le spectateur. Le film s’ouvre ainsi sur les images d’un bambin, en couche culotte, qui erre dans le désert en grignotant un doigt humain. En quelques secondes, le réalisateur installe une atmosphère étrange et malaisante. Les vastes et aride paysages, parfaitement filmés, sont suffocants au possible et accentuent le sentiment de danger qui pèse sur le héros. Sa rencontre avec Alina, qui habite dans une maison isolée au fond d’une fosse rocheuse et qui lui offre l’hospitalité n’est pas sans évoquer la Femme des Sables, de Hiroshi Teshigahara. Une impression confirmée par le fait que l’échelle en cordes qui permet de sortir des profondeurs du canyon, disparait mystérieusement pendant la nuit, tout comme dans le film japonais de 1964. Si l’influence paraît incontestable, le cinéaste réussit néanmoins à la digérer et à tracer son propre chemin, en introduisant ce groupe d’enfants sauvages et en jouant la carte de l’horreur psychologique. Le comportement d’Alina, qui semble s’être accommodée de la situation qui est la sienne, est troublant et éveille évidemment des soupçons, quant au sadisme dont font preuve les adolescents, il est tout simplement terrifiant. Certains pourront reprocher au récit son côté un peu répétitif, en particulier dans sa deuxième partie, mais cela permet de nous faire entrer dans le quotidien monotone des deux protagonistes principaux et de mieux nous faire ressentir leur isolement. Le dénouement a, de la sorte, plus d’impact et marquera, à coup sûr, les esprits d’une partie du public. À cela s’ajoute un remarquable travail sur le son qui contribue à l’angoisse sourde que distille ce film au rythme volontairement lent et qui a logiquement été récompensé au dernier festival de Gérardmer. À découvrir.

 

Erwan BARGAIN

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