BOY KILLS WORLD
Vengeance sanglante
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USA/Allemagne/Afrique du Sud. 2023 Réal.: Moritz Mohr. Scén.: Tyler Burton Smith et Arend Remmers d’après une histoire de Arend Remmers et Moritz Mohr. Prod.: Roy Lee, Sam Raimi, Stuart Manashil, Simon Swart, Alex Lebovici, Dan Kagan et Zainab Azizi. Photo : Peter Matjasko. Mus.: Ludvig Forssell. Mont.: Lucian Barnard. 1h51.Avec : Bill Skarsgård, Jessica Rothe, Famke Janssen, Sharlto Copley, Brett Gelman. (Amazon).
Dans une cité postapocalyptique dirigée par une famille tyrannique prête à tuer tous ses opposants, le jeune Boy voit sa mère et sa sœur être assassinées sous ses yeux. Parvenant à s’enfuir mais devenu sourd et muet, il trouve refuge dans la jungle où il est recueilli par un chaman qui va le soigner mais aussi et surtout l’entrainer pour devenir une machine à tuer et qu’il puisse assouvir sa soif de vengeance…
Coproduit par Sam Raimi, Boy Kills World est le premier long-métrage du réalisateur allemand Moritz Mohr qui fait une entrée fracassante dans le milieu cinématographique. Mariant action et dystopie, Boy Kills World propose en effet un spectacle totalement déjanté et décomplexé qui, mené à un train d’enfer, ne laisse pas une seconde de répit aux spectateurs. Mohr ne s’encombre pas de considérations et va droit au but en plantant la situation en quelques minutes et en façonnant un univers très graphique qui évoque autant les comics que les jeux vidéo. Le récit, complètement frénétique, retrace ainsi le périple vengeur du héros qui, même s’il est muet, partage ses pensées, en voix off, avec le public. Ce procédé créé inévitablement un décalage et donne le ton de ce divertissement à la fois fun et violent (le sang gicle régulièrement) qui enchaîne les scènes d’action avec gourmandise et, avouons-le, un talent certain. Le cinéaste témoigne d’un incontestable savoir-faire en la matière. Car ici ça castagne, ça voltige et ça tranche dans tous les sens. Alors certes, il y a un côté un peu répétitif et le scénario n’est pas d’une originalité renversante, mais le film, qui ne se prend pas au sérieux, est tellement bien exécuté qu’on se laisse aisément prendre au jeu. D’autant que la distribution, dominée par l’excellent Bill Skarsgård (Ça chapitres 1 et 2) et qui réunit également Famke Janssen, Sharlto Copley et Jessica Rothe, est à la hauteur et semble s’en donner à cœur joie dans cette production se rattachant clairement au cinéma pop-corn.
ERWAN BARGAIN


