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DEAR SANTA
Quand Satan s’emmêle…les pinceaux
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USA. 2024. Réal.: Bobby Farrelly. Scén.: Peter Farrelly et Ricky Blitt. Prod.: Bobby Farrelly, Peter Farrely et Jeremy Kramer. Photo : C. Kim Miles. Mus.: Rupert Gregson-Williams. Mont.: Julie Garcés. 1h47. Avec : Jack Black, Robert Timothy Smith, Brianne Howey, Post Malone. (Paramount+).
Liam, un collégien dyslexique qui croit encore au Père Noël, envoie une lettre à ce dernier, mais avec une faute d’orthographe sur l’enveloppe qui expédie la missive directement en Enfer. Et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, voilà que Satan débarque à l’approche des fêtes de fin d’année et propose à l’enfant de réaliser trois de ses vœux…
Vous rêviez de voir Jack Black dans le rôle de Satan : Bobby Farrelly, qui avec son frère Peter a signé des comédies telles Mary à Tout Prix et Dumb and Dumber, l’a fait. Et, qui plus est, pour les besoins d’un film de Noël. Produit par Paramount, ce divertissement repose sur un scénario astucieux et original ayant pour héros un jeune garçon que sa dyslexie va entraîner dans une incroyable aventure. Variation très libre autour du thème de Faust, l’histoire nous invite à suivre les péripéties de deux gamins qui, en raison de leurs difficultés d’adaptation à notre monde, se retrouvent en marge de leurs camarades et dont le réalisateur livre un portrait sensible, touchant mais aussi très drôle. On retrouve évidemment par moment le comique un peu outrancier des frères Farrelly mais aussi des moments beaucoup plus sensibles, en particulier quand sont évoquées les relations familiales. Certaines séquences sont désopilantes, comme celle avec le psychologue, ou encore ce passage avec le rappeur Post Malone qui, dans son propre rôle, prouve qu’il ne se prend pas au sérieux. Et que dire de la performance survitaminée de Jack Black dont le sens de l’autodérision est bien connu et qui semble ici s’en donner à cœur joie (le voir en tenue d’aérobic est tout simplement hilarant). À cela s’ajoute une apparition de Ben Stiller qui s’avère être savoureuse. Mais au-delà du côté pur divertissement, le film aborde également, au détour des dialogues, de nombreux thèmes universels tels le droit à la différence, les liens familiaux, la religion ou encore l’amitié et tire, en parallèle, à boulets rouges sur l’individualisme. Autant d’atouts qui font de Dear Santa un film de Noël hors norme et iconoclaste, qui ne fera certainement pas l’unanimité (le métrage ne s’adresse clairement pas aux plus petits spectateurs et fera rager une partie du public) mais qui a le mérite de sa singularité.
ERWAN BARGAIN




