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Une comédie horrifique déjantée
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France. 2024. Réal.: François Descraques. Scén.: François Condamin, Bertrand Delaire, Arielle Saracco. Prod.: Arielle Saracco, Eric Laroche et Raphaël Rocher. Photo : Matthieu Misiraca. Mus.: Jimmy Tillier. Mont : Dorian Tabone. 1h04. Avec : Faustine Koziel, Jessé Rémond Lacroix, Bérangère Mc Neese, Antoine Gouy, Fred Testot. (Canal+).
Dans l’espoir de renouveler le genre, le jeune héritier d’une boîte de production de films X décide, en compagnie de sa petite équipe et d’une coordinatrice d’intimité, de tourner, dans un chalet en montagnes, Tire-Fesses, une œuvre pour adultes écoresponsable. Une tempête de neige va isoler le petit groupe du reste du monde mais surtout ramener à la vie un chasseur alpin disparu en 1888 et qui a la particularité d’être gymnophobe…
Produit par Canal+, Mortelle Raclette se définit comme un «film de boules de Noël», premier volet de ce qui est destiné, au fil des ans, à devenir une collection. Un vaste programme qui donne, ici, naissance à une comédie azimutée, réalisée par François Descraques (Le Visiteur du Futur) et qui, à sa façon, renoue avec l’humour si cher à la chaîne. L’idée de départ fait immédiatement penser à X, de Ti West auquel les scénaristes font ouvertement référence au détour de certains dialogues. De références au Fantastique et aux classiques de l’horreur (d’Evil Dead à Shining en passant par Twin Peaks), il en est ainsi question tout au long de ce métrage qui joue avec les codes du genre mais aussi avec ceux du X et ce, avec un esprit potache mais jamais vulgaire. Le récit, parfaitement mené et rythmé, ne laisse aucune place à l’ennui et n’est pas avare en rebondissements et situations cocasses, à l’image des meurtres, grotesques à souhait. Le réalisateur, très à son aise dans ce type d’exercice, fait monter le suspense crescendo jusqu’au dénouement en forme de pirouette et ce, sans jamais renier l’humour inhérent au projet. Car l’objectif de Mortelle Raclette, outre le fait de rendre hommage à tout un pan du septième art, est bel et bien de faire rire. Et le film y parvient sans mal tant les blagues imaginées par les scénaristes font mouche, à condition, évidemment, en tant que spectateur, d’apprécier les univers absurdes et décalés. En ce sens, il faut saluer les performances des jeunes comédiens, Faustine Koziel et Jessé Rémond Lacroix en tête, encore peu connus du grand public mais qui devraient rapidement accéder à la notoriété. Drôle, déjanté et finalement assez audacieux, Mortelle Raclette se révèle être, à l’arrivée, un divertissement des plus réjouissants, qui comblera les amateurs d’objets filmiques gentiment désaxés.
ERWAN BARGAIN

