GENEVIEVE PAGE : R.I.P.

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GENEVIEVE PAGE : R.I.P.

IN MEMORIAM

 

GENEVIÈVE PAGE (1927-2025)

Elle ensorcela Sherlock Holmes

 

L’actrice Geneviève Page est décédée le 14 février. Ayant eu une longue et brillante carrière sur scène, prix de la meilleure comédienne du syndicat de la critique pour son rôle dans « Les Larmes amères de Petra von Kant » (1980) au Théâtre national de Chaillot à Paris, membre du Jury au Festival de Cannes en 1964, Billy Wilder lui avait attribué le rôle de la mystérieuse méchante dans La Vie privée de Sherlock Holmes (1970), son rôle le plus connu car le personnage qu’elle incarnait, l’ambiguë Gabrielle Valladon, utilisait son sex-appeal pour manipuler Holmes. Née le 13 décembre 1927 à Paris (sous le nom de Geneviève Anne Marguerite Bonjean), après avoir suivi les cours de Tania Balachova puis du Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris, elle passe par la Comédie-Française, et intègre ensuite la compagnie Jean-Louis Barrault et le TNP, où elle se liera d’amitié avec Gérard Philippe, débutant au cinéma, après un documentaire franco-allemand, dans Pas de pitié pour les femmes (1951) puis Fanfan la tulipe (1952), où elle incarne Madame de Pompadour aux côtés de Gerard Philippe et Gina Lollobrigida. Le cinéma américain fait appel à elle au milieu des années 50, pour incarner les Européennes raffinées ou les princesses majestueuses. Suivront Michel Strogoff, Le Cid et de nombreux succès internationaux. Son rôle le plus mémorable au cinéma sera celui de la tenancière Madame Anaïs dans Belle de jour de Luis Bunuel. Dans notre genre de prédilection et assimilé, on la retrouvera notamment dans L’énigmatique Monsier D. (1956) de Shedon Reynolds avec Robert Mitchum et Ingrid Thulin, et le célèbre Un amour de poche (1957) de Pierre Kast, coécrit par France Roche, avec Jean Marais et Jean-Claude Brialy, où un professeur qui entreprend des expériences sur l’animation suspendue fait rétrécir accidentellement son chien et plus tard son assistante de laboratoire, lorsqu’elle boit accidentellement le liquide et rétrécit jusqu’à 7,5 cm. Le professeur la garde dans sa poche jusqu’à ce qu’il trouve un antidote. Sous la direction de Bertrand Blier, elle s’illustrera en veuve nymphomane dans Buffet froid (1979), suivi de Mortelle randonnée (1983) de Claude Miller. Parallèlement à ses activités de comédienne, Geneviève Page dispensera ponctuellement des cours d’art dramatique et recevra le 26 juillet 2013, à Puget-Téniers,  le prix Reconnaissance des cinéphiles pour l’ensemble de sa carrière décerné par l’association «Souvenance de cinéphiles».

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