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THE MOOR
Un drame fantastique envoûtant
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Royaume-Uni. 2023. Réal.: Chris Cronin. Scén.: Paul Thomas. Prod.: Chris Cronin, Paul Thomas et Pawel Pracz. Photo : Sam Cronin. Mus.: Nir Perlman. Mont.: Pawel Pracz. 2h. Avec : Sophia La Porta, David Edward-Robertson, Bernard Hill, Mark Peachey. (Shadowz).
Claire, une jeune femme animant un podcast, est contactée par le père de son ami d’enfance, assassiné, afin de l’aider à enquêter, dans les marais supposés hantés où serait enterré le corps de son fils….
Pour son premier long-métrage, Chris Cronin témoigne d’un réel savoir-faire et, dès la séquence pré-générique, plante la situation en dévoilant la disparition du petit Danny alors qu’avec son amie, il volait des bonbons dans un drugstore. Puis le récit reprend, 25 ans plus tard, et se déroule, sur un rythme lent et quasi hypnotique qui contribue à la personnalité du film. Car, ce qui saute aux yeux, à la vision de The Moor, c’est la volonté du réalisateur de ne pas céder à la facilité et d’embarquer le public dans un univers envoûtant. Ici, pas de jump scare ni de rebondissements à tout-va mais une manière de distiller une angoisse sourde bien loin des clichés habituels du genre. La mise en scène est sans esbroufe et s’inscrit dans un réalisme assumé, n’empêchant pas un magnifique travail sur la photographie, photographie qui se distingue par ses contrastes et ses couleurs souvent ternes et qui contribuent à l’atmosphère. Cronin tire ainsi profit des paysages de tourbière du Yorshire qui, sous son regard, semblent renfermer bon nombre de secrets. À cela s’ajoute la bande son qui, sans en faire trop, accentue le sentiment d’inquiétude et de terreur psychologique. L’interprétation, elle aussi remarquable, participe à l’ambiance anxiogène qui se dégage du métrage, les comédiens, Sophia La Porta et David Edward-Robertson en tête, se révélant particulièrement justes et sensibles. Le rapport qu’entretiennent les deux personnages principaux, liés par le deuil, est ainsi parfaitement restitué et ramène, d’une façon ou d’une autre, à une relation père/fille, ajoutant au trouble qui émane de cette histoire. Alors certes, beaucoup reprocheront au film ses longueurs et, sans doute, sa durée, quelque peu excessive (2 heures), reste que The Moor s’impose comme un drame fantastique fascinant qui, logiquement récompensé au FrightFest et au British Horror Film Festival, amène par petites touches le surnaturel et qui, au final, saura sûrement séduire les fantasticophiles, adeptes de ce type de productions.
ERWAN BARGAIN





