ANOTHER END

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ANOTHER END

Dans le corps d’une autre

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Italie. 2024. Réal.: Piero Messina. Scén.:  P.  Messinat, Giacomo Bendotti, Valentina Gaddi, Sebastiano Melloni. Prod.: Carlotta Calori, Nicola Giuliano, Francesca Sima, Viola Prestieri, Paolo Del Brocco.  Photo : Fabrizio La Palombara. Mus.: Bruno Falanga. Mont.: Paoloa Freddi. 1h58. Avec : Gael Garcia Bernal, Renata Reinsve, Bérénice Bejo, Olivia Williams, Pal Aron, Angela Bain, Philip Roch.  Dist.: Damned Distribution

SORTIE EN FRANCE : 28 mai 2025

 

Sal perd sa compagne Zoe dans un accident de voiture qu’il a lui-même provoqué. Mais, dans ce futur proche où s’inscrit sans insister le film, il y aurait un moyen de la retrouver… d’une certaine manière. Soit en s’adressant à la firme Another End, qui a mis au point une technologie permettant d’injecter la conscience de la personne décédée dans un receveur volontaire qui, moyennant finance, lègue ainsi, pour quelques jours, son corps à une personnalité étrangère, étant donné que, une fois le transfert achevé, il (ou elle) ne gardera aucun souvenir de ce que son enveloppe physique a pu vivre. C’est ainsi de Sal, pressé par sœur Ebe, elle-même employée d’Another End, va retrouver l’esprit de Zoe dans un corps étranger, en l’occurrence Ava, une call girl qu’il trouve «un peu plus grande que l’original» et avec qui il va renouer des liens plus que tendres. Seulement tout à une fin. Cette première partie du métrage pose une double question : de qui en réalité Sal est-il (re)tombé amoureux ?  À savoir, est-ce l’esprit qui compte, ou bien le corps ? Comme de juste, Sal va chercher à retrouver la femme dont il a en quelque sorte acheté l’apparence et pour qui, bien sûr, il est un parfait inconnu, seulement un dragueur «un peu dérangé». Les deux parties de cette œuvre qu’on peut insérer dans le sous-thème “parler avec les morts” sont pareillement traités avec autant de justesse que de délicatesse, l’interprétation de ce duo insolite y étant pour beaucoup, Gael Garcia Bernal en Sal pétri d’une rudesse maladroite, la très belle Renata Reinsve en fantôme de chair d’autant plus inaccessible qu’elle ignore tout de ce qui l’a liée cet homme. Question que tout spectateur ne peut que se poser : comment cela va-t-il se terminer ? – et à laquelle nous ne répondrons pas, surtout que vient s’y insérer un pitch final auquel on ne s’attendait pas. Mais le charme règne, et l’émotion, une petite larme n’étant pas superflue, dans cette balade qui rappellera Eternal Sunshine of the Spotless Mind et dont la moralité peut se résumer à : on ne peut jamais recommencer, quand il est si naturel de commencer.

 

Jean-Pierre ANDREVON

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