QUAND ILS VIENDRONT

QUAND ILS VIENDRONT

Le nouveau roman de René Manzor, qui paraît ces jours-ci..

 

QUAND ILS VIENDRONT

René Manzor / ****

 

Depuis une quinzaine d’années, le talentueux réalisateur et scénariste René Manzor (Le Passage, 36-15  Code Père Noël), tout en continuant à œuvrer sur des séries TV, s’est reconverti en brillant romancier, accumulant des prix littéraires récompensant ses palpitants thrillers, initiés en 2012 avec Les Âmes rivales (suivi, entre autres, de Celui dont le nom n‘est plus, Dans les brumes du Mal, A vif et l’ombre des innocents). Tous sont publiés chez Calmann Lévy, dans une présentation agréable sous une superbe couverture. C’est un bel objet qu’on tient en mains et qui trouve sa place naturelle dans la bibliothèque du fantasticophile. Car, à chaque fois, le suspense y côtoie l’horreur ou le mystère, avec une tension palpable de tout instant. Cette fois, le héros du récit est un jeune eurasien de 11 ans, Peter, que son père, Morgan, un ex-agent de la CIA vivant loin du foyer conjugal, pour d’obscures raisons, entraine chaque week-end depuis deux ans au tir sur cible, à l’endurance et au combat à mains nues, lui faisant apprendre par cœur des stratégies, des codes et des numéros de téléphone. Menacé par des ennemis dont Peter ignore tout, son père a entrainé sa femme et leur fils dans un exil. Victime d’un terrible accident, son père ne sera plus là pour les protéger quand «ils viendront». Mais qui ils et pourquoi ? Après bien des périples, Peter, victime d’une commotion cérébrale, devra gagner leur ancienne maison de Brooklyn où ont été cachées des preuves. Qu’il devra rendre public avant qu’il ne soit trop tard. Sous couvert de thriller, l’auteur, d’une manière inédite, s’appuie sur une réalité géopolitique. Ce qui fait qu’arrivé au terme de la lecture, la vérité faisant surface, l’effroi change de nature, s’inscrivant au cœur d’une réalité glaçante. La politique-fiction de jadis semble dépassée. Le frisson qui nous saisit en parcourant les dernières pages aura un effet durable. L’auteur a déclaré vouloir pratiquer avec ce roman un véritable exorcisme. Et il y est arrivé. Brillamment. C’est un livre qu’il est important de parcourir dans l’urgence. Au-delà de sa thématique et de ses personnages, René Manzor nous séduit, comme toujours, par une écriture simple et efficace. Rien ne parait inutile. Il nous invite à suivre une histoire qui s’écrit au fur et à mesure des mots choisis : si la trame est sélectionnée rigoureusement dès le départ, avec une solide colonne vertébrale, le cheminement, en revanche jouit d’une liberté totale, sans pour autant s’écarter de sa ligne directrice. C’est une lecture qu’on partage véritablement avec le romancier. Comme toujours, au détour d’une phrase, l’émotion nous saisit d’une manière inattendue, renforçant notre lien avec les protagonistes. Au final, un livre aussi émouvant qu’impitoyable. (Calman-Levy)

 

Alain Schlockoff

 

 

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