JIMMY AND STIGGS

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JIMMY AND STIGGS

Un délire gore et radical

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USA. 2024. Réal. et scén.: Joe Begos. Prod.: Joe Begos, Matt Mercer, Josh Ethier, Josh Russell, Sierra Russell. Photo : Brian Sowell et Mike Testin. Mus.: Steve Moore. Mont.: Josh Ethier. 1h24. Avec : Joe Begos, Matt Mercer, Josh Ethier, Josh Russell, James Russo. (Shadowz).

 

Jimmy, cinéaste traversant une mauvaise passe, est persuadé d’avoir été enlevé par des aliens. Craignant leur retour, il contacte son vieil ami, Stiggs, pour qu’il l’aide à leur échapper. Le tandem va alors se retrouver embarqué dans un véritable cauchemar.

 

Adoubé par Eli Roth, Jimmy and Stiggs débute par un plan-séquence en prise de vue subjective du plus bel effet qui, avec ses couleurs flashy et ses éclairages au néon, catapulte aussitôt le spectateur dans un univers totalement fou. Une impression que ne fait que confirmer la suite du métrage qui s’impose comme un trip cinématographique sous amphétamines, ramenant aux grandes heures de la série B des 80’s. Impossible, effectivement, à la vision de cette pellicule de ne pas penser aux œuvres de Frank Henenlotter ou de Stuart Gordon, tant Joe Begos (déjà auteur de métrages fort réjouissants tels Bliss ou encore Christmas Bloody Christmas ) se montre généreux en terme de gore et, optant pour des effets de plateau, renoue avec l’esprit d’une horreur radicale et décomplexée comme on en voyait autrefois. Car Jimmy and Stiggs est une production totalement déjantée et volontairement outrancière qui s’adresse à toute une génération de cinéphiles nostalgiques. Le réalisateur signe ici un film cartoonesque et excessif qui recule les limites du mauvais goût et enchaîne les séquences délirantes. A l’image de ce jeu de massacre auquel se livrent les héros quand ils exterminent les aliens ou encore ces moments où les deux amis sont obligés de se saouler pour éviter que leurs esprits soient contrôlés par les forces extraterrestres. Jusqu’au-boutiste, Begos n’y va pas avec le dos de la cuillère et multiplie ainsi les clins d’œil au travers des dialogues ou de détails dans les décors (cf.: les affiches qui tapissent les murs de l’appartement) comme pour mieux revendiquer l’appartenance de son film à toute une frange du 7e art indépendant.  Et que dire de la dernière demi-heure, totalement furieuse et qui laissera sans voix même les plus aguerris. À l’arrivée, Jimmy and Stiggs, malgré son modeste budget, se révèle être une expérience artistique hallucinante, qui comblera, sans aucun doute, les adeptes d’œuvres extrêmes et underground.

 

ERWAN BARGAIN

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