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ALMA ET LE LOU




Loup, es-tu là ?
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(Alma and the Wolf). USA. 2025. Réal.: Michael Patrick Jann. Scén.: Abby Miller. Prod.: Eric Binns, David Codron et Michael Patrick Jann. Mus.: Jhereck Bischoff et Craig Wedren. Mont. Todd Sandler. 1h29. Avec : Ethan Embry, Li Jun Li, Jeremie Harris, Lukas Jann. (Paramount+).
Ren, un policier perturbé, enquête sur de mystérieuses attaques animales qui plongent une petite ville de l’Oregon dans la paranoïa…
Production Paramount mise en scène par l’expérimenté Michael Patrick Jann (le réjouissant Belles à Mourir sorti en 1999), Alma et le Loup est une série B en demi-teinte. Le métrage débute ainsi plutôt bien en nous présentant les personnages de Ren, policier un peu paumé, et Alma, une célibataire souffrant de solitude et dont le chien, son seul compagnon, a visiblement été dévoré par un loup. Le spectateur s’attache ainsi rapidement à ces deux protagonistes principaux qui se connaissent de longue date et dont la relation semble être l’un des ressorts dramatiques du film. Passé cette dimension psychologique, le récit se met doucement en place et réserve quelques séquences assez réussies, comme ce moment où le bouc attaque la voiture de Ren et Murph. Malheureusement, d’autres scènes s’avèrent moins convaincantes, comme celles d’hallucinations qui, faute à des effets un peu grossiers, frôlent le ridicule. Le suspense est, en outre, branché sur courant alternatif et retombe souvent lors de passages moins convaincants, notamment quand le héros semble être gagné par la folie. La réalisation de Michael Patrick Jann est pourtant loin d’être déshonorante et, bénéficiant d’une belle photographie, témoigne d’un certain savoir-faire. L’interprétation, de plus, est de qualité à l’image de la performance d’Ethan Embry, dans le rôle de Ren. Dommage que le scénario d’Abby Miller, surtout connue jusqu’ici comme comédienne (l’excellente série TV «Home Before Dark»), soit si inégal et parte un peu dans tous les sens au point de finir par se prendre les pieds dans le tapis. Au final, Alma et le Loup est une œuvre qui se laisse regarder (notamment les vingt dernières minutes même si elles sont assez prévisibles) mais malheureusement pas suffisamment aboutie pour emporter l’adhésion.
ERWAN BARGAIN

