TRAUMATIKA
Un film d’horreur généreux mais désordonné




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USA. 2024. Réal.: Pierre Tsigaridis. Scén.: Pierre Tsigaridis et Maxime Rancon. Prod. : Maxime Rancon et Pierre Tsigaridis. Photo : Pierre Tsigaridis. Mus.: Giocchino Marincola. Mont.: Pierre Tsigaridis. 1h22. Avec : Rebekah Kennedy, Emily Goss, Ranen Navat, AJ Bowen. (Shadowz).
Un soir, Mickey, un petit garçon, passe un coup de téléphone à la police pour se plaindre du comportement monstrueux de sa mère. Une fois sur place, les autorités vont découvrir des choses qui dépassent l’entendement.
Deuxième long-métrage de Pierre Tsigaridis, réalisateur d’origine française installé aux USA, Traumatika divisera sûrement les fantasticophiles. Dès les dix premières minutes, le spectateur est fixé sur le produit et les références à L’Exorciste et, d’une manière générale, aux films de possession, tombent comme la pluie en hiver (lashback dans le désert, artéfact démoniaque, femme qui urine sur le sol, langue morte parlée, etc.). Ces références, qui ponctuent continuellement l’histoire, sont autant appuyées qu’assumées, ce qui irritera probablement certains puristes mais qui permet, également, de baliser le terrain de cette série B certes, sans grande surprise, mais qui a le mérite d’être généreuse et de ne pas galvauder le genre et de lui déclarer sa flamme. Est-ce suffisant pour faire de Traumatika un grand film ? La réponse est non, mais le spectacle proposé par le réalisateur est, à l’arrivée, assez divertissant. Si Tsigaridis joue volontairement sur les poncifs, il faut également lui reconnaitre d’incontestables qualités de metteur en scène, même si ses ambitions artistiques ne dépassent jamais celles d’une série B. Le cinéaste ménage ainsi de jolis moments de tension, comme quand le policier explore la maison. Les effets spéciaux sont, en outre, assez convaincants et participent à l’atmosphère poisseuse de l’ensemble, d’autant que le réalisateur n’est pas avare sur le gore, bien au contraire. À l’arrivée, il faut prendre ce film, bénéficiant d’une excellente interprétation de Rebekah Kennedy, comme un grand tour de montagnes russes, qui part un peu dans tous les sens et dont les errances scénaristiques sont criantes (la dernière partie du récit), mais qui saura, sans nul doute, séduire une partie du public, adepte d’un cinéma Bis décomplexé.
ERWAN BARGAIN

