Ma critique dans l’Ecran Fantastique :

Le défi transcendant de James Cameron
*****
USA.2025. Réal.: James Cameron
SORTIE : 17 DÉCEMBRE 2025
Quelque temps après la terrible guerre subie par Jake Sully et ses amis, la tribu des Metkayina se remet lentement des lourdes pertes. La famille de Sully craint pour la vie du jeune Spider, humain qui ne peut respirer dans le monde de Pandora sans un masque à oxygène. Ils décident de l’accompagner vers son monde en utilisant les services des Tlalim, un peuple marchand voyageant dans les airs. Mais deux dangers planent : les Mangkwang, une population de terribles guerriers belliqueux et la RDA, toujours en recherche de la colonisation de la planète…
James Cameron est un battant, un guerrier comme ses Na’vi. Tel un chef de tribu, il dirige toutes ses troupes, nombreuses, avec plus de 1500 techniciens rien que sur les plateaux de tournage, pour mener à bien son œuvre, grandiose, qui nous en met plein les yeux et les oreilles. Comme à son habitude, les équipes de James Cameron se surpassent. Chaque séquence est un tableau mirifique nous plongeant dans cet univers si étonnant, réalisé dans les plus petits détails. Ainsi chaque costume a été créé physiquement avant d’être numérisé, tous les aspects techniques sont pensés pour fonctionner logiquement : le peuple du vent se déplace dans de gigantesques gondoles inspirées par les galères portugaises et tirées par des animaux proches des méduses, avec des systèmes de voiles prenant le vent en hauteur ou pouvant se rabattre pour sinuer dans les paysages les plus sauvages de Pandora. James Cameron dispose d’une véritable armada de monteurs présents sur le plateau, travaillant en direct pendant le tournage, ainsi que des artistes des studios d’effets spéciaux Weta, qui, par centaines, vont élaborer, à partir des prises des dizaines de caméras, tout l’univers de Pandora et rendre vie aux personnages interprétés par les acteurs en réel. Une prouesse pharaonique digne de James Cameron, dont on ne s’étonne plus, mais qui aurait pu rester qu’une belle œuvre, si elle n’était pas accompagnée par un scénario particulièrement intéressant.
Alors que le second volet Avatar : la voie de l’eau était certes magnifique visuellement, mais avec une histoire moins attractive et peut-être un peu simpliste, ce nouvel opus est une véritable réussite émotionnelle. Avatar : de feu et de glace est bien plus profond que ses prédécesseurs. Les scénaristes ne se contentent pas de parler de la famille (principal fil rouge de l’œuvre) mais dissèquent les problématiques actuelles. Là où la plupart des films confrontent les générations dans une guerre éternelle où personne ne se comprend, l’œuvre nous emmène sur un tout autre chemin, celui de la réflexion sur le manque de confiance des adultes envers leurs enfants. Ce qu’on voit actuellement dans la plupart des pays industrialisés est le manque de cadre et la surprotection des enfants, qui grandissent sans être confrontés à leurs peurs, sans pouvoir apprendre de leurs erreurs. Ce qui provoque souvent de l’anxiété envers le monde qui les entoure et un manque d’estime de soi tel que les adolescents peuvent aller jusqu’au pire. Un message que James Cameron a voulu faire passer dans une histoire touchante et très poignante avec les relations complexes de Jake Sully et de ses deux fils, mais également au travers d’une allégorie de la désagrégation relationnelle entre les Na’vi et Eywa, déesse de la Nature et Mère du vivant sur Pandora. Si nous avons une petite larme à l’œil ou un grand sourire qui s’étire sur le visage, ce n’est pas uniquement grâce aux effets spéciaux mais également à la prouesse indéniable de tous les interprètes, Zoe Saldana, Sam Worthington en tête, ainsi que la toute nouvelle Oona Chaplin en reine démoniaque, impliqués pleinement dans leurs personnages, avec des regards, des démarches et des attitudes qui vous entraîneront sans aucun souci dans leur univers virtuel.
James Cameron nous emporte encore plus loin dans un tourbillon d’émotions explosives, marquant de son empreinte le cinéma fantastique non seulement par sa splendeur technologique mais également par une histoire bouleversante.
ISABELLE DOLL

