
BRIDE !
Bonnie and Frankenstein
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USA. 2026. Réal.: Maggie Gyllenhaal. Scén.: Maggie Gyllenhaal. D’après le roman “Frankenstein“ de Mary Shelley. Prod.: Maggie Gyllenhaal, Talia Kleinhendler, Osnat Handelsman-Keren. Mus.: Jonny Greenwood. Photo : Lawrence Sher. Mont. : Affonso Gonçalves. Avec : Jessie Buckley, Christian Bale, Peter Sarsgaard, Annette Bening, Penelope Cruz, Jake Gyllenhaal. Durée : 2h07mn. Dist.: Warner Bros.
SORTIE : 4 MARS 2026.
Ida, jeune prostitué dans le Chicago des années 30, est soudainement hantée par l’esprit de Mary Shelley, l’auteure de «Frankenstein», qui la pousse à dénoncer publiquement un mafieux notoire. Elle le paie de sa vie.
Quelques jours plus tard, le monstre de Frankenstein débarque dans la même ville pour convaincre une éminente scientifique de vaincre ce qui, après 120 ans d’existence, commence à le tuer : la solitude. Les deux vont alors déterrer Ida et la ramener à la vie. S’en suit le début d’une histoire d’amour teintée de violence, de rébellion, de cinéma et de révolte féministe…
Cela peut sembler faire beaucoup. C’est pour autant l’une des signatures de ce film qui mélange une histoire en fait assez classique et des éléments disruptifs, balancés abruptement en des élans punks et réjouissants. The Bride ! est en effet un film à deux visages, chacun incarné par ces deux rôles principaux. D’un côté The Bride, la fiancée en tant que telle. Elle est instable et même habitée de folie quand l’esprit de Mary Shelley qui l’habite prend possession d’elle : elle se livre alors à des envolées tout sauf lyriques, des successions de mots incompréhensibles et d’autant plus déroutants qu’à ces moments-là l’actrice semble prise de soubresauts, sa posture et son corps se déformant. De l’autre le monstre de Frankenstein, semblant tout droit sorti d’un roman classique. Il incarne la bête pourchassée par les hommes alors qu’il est bien plus humain qu’eux et qu’il n’a qu’un but : l’amour. Le mariage est risqué, et le début du film fait douter quant au succès de l’entreprise. Pourtant la mayonnaise prend, et quand les deux univers finissent par enfin se comprendre, lors d’une scène où le monstre de Frankenstein rencontre son idole et accepte la dure réalité du monde des hommes, l’aventure devient réjouissante, nos héros renonçant pour toujours à la normalité pour vivre leur passion anarchique et débridée. The Bride ! n’est pas exempt de défauts, une introduction obscure et un peu prétentieuse, des passages manquant de finesse quand les personnages se mettent à expliquer à haute voix plutôt que par leurs actes, et une succession de conclusions sans doute inutile. Mais ce film reste une oeuvre à part, séduisante et envoutante autant qu’elle est dérangeante dans la forme. Niveau image, la plongée dans cet univers mêlant années 30 et film de monstre traditionnel, est une totale réussite. La qualité des décors et des maquillages est optimale. Et le casting livre une performance éblouissante. Christian Bale dans le rôle du monstre trop amoureux et romantique qui apprend à briser ses chaînes livre une performance subtile et juste, comme à son habitude. Jessie Buckley, héroïne punk et libre jusqu’au bout, est époustouflante. A cela s’ajoute des seconds rôles de haute volée, Annette Bening, Penelope Cruz et Peter Sarsgaard en tête, chacun vivant sa propre histoire tout en apportant un éclairage particulier au film. Là encore, cela peut sembler beaucoup. Mais c’est ce qui fait de The Bride ! un film monstre pas comme les autres.
Franck Gombert

