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ENVELOP
Une œuvre déroutante et clivante




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Canada. 2026. Réal. scén., photo, mus.: Lucas K. Labrecque. Prod.: Lucas K. Labrecque et Nick Mancuso.. 1h22. Avec : Nick Mancuso, Tim Brown, Vicki Jenkins, Nancy Erskine. (Amazon).
Suite à un accident de voiture, un couple trouve refuge dans un hôpital abandonné. L’homme et la femme comprennent rapidement qu’ils ne sont pas seuls et vont alors devoir lutter pour leur survie…
Déconcertant. Ainsi pourrait-on résumer Envelop qui tient plus du trip visuel que du véritable film d’horreur. Ce premier long-métrage, auto-produit, de Lucas K. Labrecque ne fera en effet sûrement pas l’unanimité auprès des fantasticophiles. D’ailleurs, comment pourrait-il en être autrement tant cette production est clivante. Alternant entre le found-footage et une mise en scène plus classique, Envelop nous entraîne dans un récit complexe qui peine à susciter l’effroi et qui semble être un prétexte à une délire visuel proche de l’expérimentation cinématographique. Reposant sur un script décousu agrémenté de flashbacks aussi bizarres qu’alambiqués, cette réalisation débute pourtant de manière assez convaincante avec une introduction, tournée en VHS, et qui fait son petit effet. Par la suite, le cinéaste perd malheureusement le fil narratif et l’histoire dont il est l’auteur part dans tous les sens au risque de lasser le spectateur. D’autant que l’interprétation est inégale et que le comportement des personnages paraît, par moments, illogique. Reste qu’en dépit de ces errements scénaristiques, Envelop se distingue par son atmosphère à la fois étrange et onirique qui s’avère particulièrement déroutante. Un sentiment accentué par les images gore et viscérales qui ponctuent le récit mais également par la tension sexuelle qui émane de certains passages. En résulte un métrage qui possède une certaine singularité mais qui, en raison de sa durée et de ses zones d’ombre, laissera de nombreux spectateurs sur la touche.
ERWAN BARGAIN

