CUDDLY TOYS

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CUDDLY TOYS

Les dangers d’être une femme

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USA. 2022. Réal. et scén.: Kansas Bowling. Prod. : Parker Love Bowling, Don De Vore, Rob Gabriel, Joe Gallagher, Thomas Kuo, Kalvin Madsen, Andres Garzas, Zack Weiner. Photo : Andres Garzas. Mont.: Kansas Bowling. 1h43. Avec : Kansas Bowling, Cynda McElvana, Marion Moseley, Lily Noyes. (Shadowz).

 

En une série de saynètes, la professeure Bowling expose les dangers d’être une femme dans un monde comme le nôtre…

 

Voilà une production horrifique qui ne plaira pas à tous les inconditionnels. Réalisé par Kansas Bowling, actrice emblématique du cinéma underground contemporain, Cuddly Toys fait en effet figure d’objet filmique difficilement identifiable. Après un générique porté par une chanson pop montrant une jeune fille entourée d’ours en peluche, un avertissement apparaît à l’écran indiquant que nous allons assister à la projection d’un film éducatif. Puis la professeure Bowling intervient en se présentant comme une spécialiste de la vie des adolescentes et nous annonce qu’elle va nous expliquer tous les dangers qui guettent ces dernières. Et ce, un peu à la manière des mondo movies, en une succession de vignettes toutes plus dérangeantes les unes que les autres. Un procédé qui, évidemment, contribue à l’aspect malsain du métrage mais qui, parallèlement, joue, par moments, en sa défaveur. Le ton est ainsi donné dès la première séquence où une enfant participe à un faux concours de miss préadolescente sous le regard vicieux de trois hommes vêtus comme des proxénètes. Images granuleuses semblant sorties d’un film d’exploitation, cadrages aléatoires, et interprétation approximative…Cuddly Toys n’a pas peur d’afficher ses références ni d’exploiter les stéréotypes, quitte, par moments, à flirter avec le ridicule. Un choix visiblement assumé par la réalisatrice et qui contribue à la singularité de l’entreprise dont de nombreuses séquences s’avèrent dérangeantes à plus d’un titre (cf. les scènes de viol et de violences physiques qui sont filmées de manières très réalistes). Reste qu’au-delà de ces passages, le film réserve également quelques moments assez émouvants notamment quand certaines protagonistes féminines témoignent face caméra. En résulte un métrage qui, en dépit de ses longueurs et de ses défauts, ne ressemble à aucun autre et qui a le mérite de s’en prendre frontalement à la société patriarcale et à mettre en garde contre les dérives masculinistes qui gangrènent notre société.

 

ERWAN BARGAIN

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