MIUDBORN

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MUDBORN

Le mal de mère

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(Ni Wa Wa). Taïwan. 2025. Réal.: Meng-Ju Shieh. Scén.: Meng-Ju Shieh, Yu-Chu Chiang et Yen-Chiao Huang. Prod.: Leo Chen et Lien Yi-chi. Photo : Chen Chi-wen. Mus. Ding Dan. 1h51. Avec : Yo Yang, Derek Chang, Cecilia Choi, Tracy Chou. (Netflix).

 

Salarié d’une entreprise spécialisée dans la réalité virtuelle, Hsu-Chuan travaille sur un jeu vidéo horrifique se déroulant dans une maison prétendument hantée de laquelle il a ramené une poupée d’argile. Cette dernière va rapidement libérer un esprit maléfique qui prend aussitôt possession de sa femme enceinte…

 

Production horrifique taïwanaise, Mudborn s’impose comme une belle surprise, mêlant folk horror, épouvante et science-fiction. Pour son premier long-métrage, Meng-Ju Shieh témoigne, en effet, d’un talent incontestable et nous offre un spectacle de qualité qui illustre, une fois de plus, le dynamisme du cinéma asiatique en matière de Fantastique. Après une séquence pré-générique jouant sur les jump scares et le gore, le réalisateur pose le contexte. Un contexte lié à la prochaine parentalité des deux héros et dans lequel la femme, enceinte, occupe une place centrale. La relation qui unit le couple est, en ce sens, très bien rendue et permet au spectateur de s’attacher presque immédiatement aux personnages principaux. De plus, le fait que le scénario, intelligent et sensible, marie les thèmes de l’art, de la religion (les croyances taoïstes) et de la maternité, confère au film une véritable originalité et engendre des séquences souvent troublantes. A cela s’ajoute le milieu du jeu vidéo qui sert de toile de fond au récit et qui est parfaitement exploité par le cinéaste.  Ce dernier profite ainsi de la réalité virtuelle pour brouiller, par moments, les pistes entre réel et imaginaire, tout comme il gère à merveille les images issues des caméras de surveillance installées dans le domicile des futurs parents. D’abord assez obscure, l’intrigue, qui s’inspire librement d’une comptine taïwanaise, devient au fur et à mesure de plus en plus limpide et s’avère passionnante à partir du moment où elle nous plonge dans les secrets des talismans. De plus, Meng-Ju Shieh nous gratifie de quelques scènes aussi sanglantes qu’effrayantes à l’image de celle se déroulant dans l’appartement de Ah-Yi, mais aussi et surtout d’un dénouement très émouvant qui participe grandement à la formidable réussite que représente Mudborn.

 

ERWAN BARGAIN

Screenshot

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