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ABRAHAM’S BOYS
Les démons de Van Helsing



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(Abraham’s Boys : A Dracula Story) USA/Royaume-Uni. 2025. Réal.: Natasha Kermany. Scén.: Natasha Kermani d’après une nouvelle de Joe Hill. Prod.: Leonora Darby, James Harris, James Howard Herron, Nicholas Lazo, Mark WardTim Wu et Samuel Zimmerman. Photo : Julia Swain. Mus.: Brittany Allen. Mont.: Gabriel de Urioste. 1h29. Avec : Titus Welliver, Brady Hepner, Judah Mackey, Jocelin Donahue. (Insomnia).
En 1915, en Californie, les enfants d’Abraham Van Helsing découvrent peu à peu le sombre passé de leur père alors que ce dernier commence à sombrer dans la folie…
Dracula et l’univers imaginé par Bram Stoker ont le vent en poupe ces temps-ci. Après la relecture proposée par Luc Besson, voilà, en effet, que débarque, sur les plateformes, Abraham’s Boys, adaptation d’une nouvelle de Joe Hill, présentée comme la suite officieuse du célèbre roman de l’auteur britannique. Réalisé par Natasha Kermani (l’honnête Lucky), le film repose sur une idée originale, à savoir se pencher sur l’histoire des deux fils que Van Helsing a eus avec Mina Harker et qui vont devoir assumer le lourd héritage paternel. Or, le résultat, à l’écran, laisse un sentiment mitigé, la cinéaste semblant, par moments, quelque peu dépassée par son sujet. Le film démarre plutôt bien et, s’appuyant sur un magnifique travail photographique, nous plonge dans le quotidien des personnages, dont la psychologie est dévoilée avec justesse. La figure d’Abraham Van Helsing (incarné par Titus Welliver, connu pour la série «Bosch : Legacy»), présenté comme un patriarche autoritaire à la santé mentale fragile, s’avère des plus troublantes et contribue à la tension qui émane du récit. Adoptant une approche quasi naturaliste, Kermani ne verse jamais dans l’esbroufe et les effets faciles et se concentre sur le drame humain qui se joue sous nos yeux. Elle conçoit ainsi des plans savamment construits qui témoignent d’un indéniable savoir-faire. Cependant, si le film se caractérise par une esthétique attractive engendrant quelques séquences assez fascinantes (les passages oniriques notamment), il révèle, en parallèle, rapidement ses limites, en particulier à cause de la froideur qui se dégage de l’ensemble et qui rend difficile l’implication émotionnelle du spectateur. Hésitant et parfois ennuyeux, Abraham’s Boys souffre, en outre, d’une interprétation inégale et théâtrale accentuant cette impression de distance qui se créé entre les protagonistes et le public. Autant de réserves qui font de cette production une œuvre prometteuse sur le papier et aux intentions certes louables, mais restant au final inaboutie.
ERWAN BARGAIN

