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THE OCCUPANT
Dans les bras de la mort
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Pays-Bas. 2025. Réal.: Hugo Keijzer, Philip Michael Howe, Roelof Jan Minneboo, Xiao Tang. Prod.: Kwesi Dickson, Isabel Freer, Jay Taylor et Raymond van der Kaaij. Photo: Robbie van Brussel. Mus.: Renger Koning. Mont.: Brian Philip Davis. 1h44. Avec: Ella Balinska, Rob Delaney, Stuart Graham, Vanessa Ifediora. (Shadowz).
Afin de pouvoir payer les soins de sa sœur, gravement malade, Abby, une géologue, part travailler dans le Caucase, en Géorgie, où elle est victime d’un accident d’hélicoptère. Seule et alors qu’elle doit tout mettre en œuvre pour tenter de survivre dans un milieu hostile, la voix d’un homme mystérieux résonne à la radio…
Réalisateur de publicités réputé, Hugo Keijzer signe avec The Occupant son tout premier long-métrage. Et le moins que l’on puisse dire est qu’il ne perd pas de temps pour exposer le contexte et la relation qui unit Abby à sa cadette, et ce dès la séquence pré-générique. Puis, le cinéaste nous embarque rapidement dans les montagnes du Caucase sur les traces de son héroïne aussi dévouée que déterminée. Tournée en Géorgie, sur les lieux-mêmes de l’action, l’histoire bénéficie de splendides paysages dont Keijzer tire parti avec brio et d’une photographie particulièrement soignée qui participe à l’atmosphère suffocante se dégageant de l’ensemble. Après le crash de l’hélicoptère, le récit s’oriente, dans un premier temps vers le survival avant de glisser petit à petit vers une autre direction, quand la discussion s’engage, par radio interposée, avec cet inconnu prénommé John. L’intrigue prend alors une autre tournure, à la fois étrange, déroutante et teintée de philosophie. Le script, en effet, ne va pas forcément là où on l’attend et aborde des thèmes comme le sens du sacrifice, le don de soi, l’altruisme, le deuil et le rapport aux autres. Ces réflexions apportent évidemment de l’épaisseur au film qui néanmoins souffre de longueurs et surtout d’invraisemblances (le fait qu’Abby escalade, à mains nues, la montagne notamment). Heureusement, dans la dernière partie, le fantastique est introduit par petites touches, maintenant le spectateur en éveil, tout comme les rebondissements qui nous conduisent jusqu’à un dénouement assez brouillon et qui, avouons-le, en décevra plus d’un.
ERWAN BARGAIN



