À L’AFFICHE

À L’AFFICHE
L’INCONNUE **
France/Italie. 2026. Réal.: Arthur Harari.
SORTIE : 26 AOÛT 2026
David, photographe secret, discret et qu’on sent mal dans sa peau, croise dans une fête Eva, qu’il avait déjà remarquée et photographiée. Sans un mot, ils se jettent l’un sur l’autre et font sauvagement l’amour. Et après ? Comme une promo envahissante nous l’avait asséné, ils se réveillent chacun l’un dans la peau l’autre, l’accent étant longtemps porté sur le seul David, dont on a bien compris qu’il s’est réveillé dans le corps d’Eva, qu’il va alors s’efforcer de retrouver sous sa propre apparence. Au premier degré, nous sommes donc en présence d’un film fantastique à la thématique référencée (ne citons que Dans La Peau d’une blonde de Blake Edwards côté satirique), donnée comme tel sans la moindre justification. Cette recherche de l’un par l’autre va prendre plus que son temps, deux bonnes heures, ce qui est quand même beaucoup concernant une situation statique que le réalisateur meuble par de nombreux flashback et autant de fausses pistes, ce qu’on suit néanmoins comme un bon petit polar. Pourtant, le pitch du film ne fonctionne pas et ne pouvait fonctionner, car que voit-on à l’écran occupé par Léa Seydoux ? Rien d’autre que la femme Léa Seydoux, et aucunement l’homme à l’intérieur de sa peau, quand bien même s’efforce-t-elle à une démarche pesante pour tenter de le rappeler. Le spectateur, lui, se demandera jusqu’à la fin ce qu’a au juste voulu nous dire ou prouver Arthur Harari, incapable de rendre palpable ce que peut bien éprouver quelqu’un ayant à son insu changé de sexe – du bien ? du mal ? et qu’en est-il précisément du directement sexuel ?-, ce qu’échouent à matérialiser la mine perpétuellement boudeuse de Seydoux et la complète déliquescence de Niels Schneider quand il apparait, ce qui laisserait supposer qu’une femme ne peut supporter d’être dans le corps d’un homme alors que l’inverses est plus acceptable. Pourquoi pas. Mais, plutôt que cet essai où Harari semble avoir eu plus grands yeux que grand ventre, conseillerons de (re)lire le roman graphique “Le cas de David Zimerman” (2024), signé Lucas Harari, frère de David, d’où est tiré le film. Et, pendant qu’on y est, pourquoi ne pas revoir le succulent Docteur Jeckyll et Sister Hyde de Roy Ward Baker qui avait réussi en 1971 ce que Harari a raté en 2026 ?
Jean-Pierre ANDREVON
**
France/Italie. 2026. Réal.: Arthur Harari.
SORTIE : 26 AOÛT 2026
David, photographe secret, discret et qu’on sent mal dans sa peau, croise dans une fête Eva, qu’il avait déjà remarquée et photographiée. Sans un mot, ils se jettent l’un sur l’autre et font sauvagement l’amour. Et après ? Comme une promo envahissante nous l’avait asséné, ils se réveillent chacun l’un dans la peau l’autre, l’accent étant longtemps porté sur le seul David, dont on a bien compris qu’il s’est réveillé dans le corps d’Eva, qu’il va alors s’efforcer de retrouver sous sa propre apparence. Au premier degré, nous sommes donc en présence d’un film fantastique à la thématique référencée (ne citons que Dans La Peau d’une blonde de Blake Edwards côté satirique), donnée comme tel sans la moindre justification. Cette recherche de l’un par l’autre va prendre plus que son temps, deux bonnes heures, ce qui est quand même beaucoup concernant une situation statique que le réalisateur meuble par de nombreux flashback et autant de fausses pistes, ce qu’on suit néanmoins comme un bon petit polar. Pourtant, le pitch du film ne fonctionne pas et ne pouvait fonctionner, car que voit-on à l’écran occupé par Léa Seydoux ? Rien d’autre que la femme Léa Seydoux, et aucunement l’homme à l’intérieur de sa peau, quand bien même s’efforce-t-elle à une démarche pesante pour tenter de le rappeler. Le spectateur, lui, se demandera jusqu’à la fin ce qu’a au juste voulu nous dire ou prouver Arthur Harari, incapable de rendre palpable ce que peut bien éprouver quelqu’un ayant à son insu changé de sexe – du bien ? du mal ? et qu’en est-il précisément du directement sexuel ?-, ce qu’échouent à matérialiser la mine perpétuellement boudeuse de Seydoux et la complète déliquescence de Niels Schneider quand il apparait, ce qui laisserait supposer qu’une femme ne peut supporter d’être dans le corps d’un homme alors que l’inverses est plus acceptable. Pourquoi pas. Mais, plutôt que cet essai où Harari semble avoir eu plus grands yeux que grand ventre, conseillerons de (re)lire le roman graphique “Le cas de David Zimerman” (2024), signé Lucas Harari, frère de David, d’où est tiré le film. Et, pendant qu’on y est, pourquoi ne pas revoir le succulent Docteur Jeckyll et Sister Hyde de Roy Ward Baker qui avait réussi en 1971 ce que Harari a raté en 2026 ?
Jean-Pierre ANDREVON

