VOD : BLOOD & RUST **


USA. 2026. Réal.: Jeremy Herbert. (Amazon).
Dans une petite ville en déclin, Lamont, qui a repris le restaurant familial suite au décès de son père, peine à joindre les deux bouts et mène une existence morne et routinière. Jusqu’au jour où il fait la connaissance de Belko, un tueur de vampires avec qui il se lie d’amitié.
Premier long-métrage de Jeremy Herbert, Blood & Rust est une petite production indépendante qui, loin d’être déshonorante, peine à sortir des sentiers battus et à renouveler le thème du vampire auquel elle se rattache. Ce qui ne veut pas dire que le film est dénué de qualités, bien au contraire, comme en témoignent les premières minutes de projection qui, portées par une musique synthétique et une photographie soignée, renvoient aussitôt au 80’s et au début des années 90, influence pleinement assumée par le réalisateur, ce dernier allant jusqu’à faire quelques clins d’œil à des œuvres de cette époque comme l’illustre la séquence dans le tunnel des sans-abris évoquant C.H.U.D. Ces passages référencés sont très plaisants et ajoutent au capital sympathie de cette série B non dénuée d’humour (noir et décalé) et menée de manière assez soutenue. Du moins, dans un premier temps, la narration se montrant, par la suite, nettement plus laborieuse. Herbert, en effet se prend, à un moment donné, les pieds dans sa propre intrigue et son film donne l’impression de faire du surplace. Une impression que viennent renforcer des personnages secondaires effacés et sous-exploités. D’une manière générale, on pourrait dire que Blood & Rust manque de profondeur psychologique, à l’image de la relation qui se tisse entre Lamont et Belko, deux protagonistes qui avaient pourtant du potentiel. Reste que l’interprétation, dans l’ensemble, est correcte tout comme les effets spéciaux, contribuant à faire de cette petite production, empreinte de nostalgie, un divertissement sans grand relief mais qui se laisse aisément visionner.
ERWAN BARGAIN

