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(Damsel). USA. 2024. Réal.: Juan Carlos Fresnadillo. 1h50. Avec : Millie Bobby Brown, Ray Winstone, Angela Bassett, Robin Wright.
Élodie, la fille de Lord Bayford, accepte, pour sauver son peuple appauvri, d’épouser le prince Henry, du Royaume d’Aurea. Mais ce mariage n’est qu’un piège, la jeune femme étant, lors d’un rituel ancestral, jetée au fond d’un gouffre afin d’être offerte en sacrifice à un dragon…
Connu notamment pour avoir réalisé Intacto, excellent drame fantastique, mais aussi 28 Semaines plus tard, la séquelle du film de Danny Boyle, Juan Carlos Fresnadillo se frotte aujourd’hui à la fantasy avec La Demoiselle et le Dragon, une production ambitieuse profondément ancrée dans l’ère post-Me Too. En quelques minutes, le spectateur est ainsi plongé dans un univers merveilleux et flamboyant qui renvoie instantanément aux contes d’antan. Un univers féérique qui est peuplé de personnages aux caractères bien définis ne faisant qu’accentuer cette filiation. Outre la jeune princesse rebelle et courageuse, on retrouve ici une méchante reine (Robin Wright, parfaite), un prince pas si charmant et, évidemment, un dragon doté de la parole. Ce dernier, magnifique, est l’un des gros atouts du film et s’impose comme l’un des plus impressionnants qu’il ait été donné de voir sur un écran depuis «Game of Thrones». Autres atouts, et pas des moindres : les décors, splendides, et les effets spéciaux, très efficaces dans l’ensemble, et qui permettent de donner corps à ce monde imaginaire. Si le scénario est parfois cousu de fil blanc et a du mal à sortir des sentiers battus, il est suffisamment bien ficelé pour maintenir l’attention du public d’autant que la mise en scène de Fresnadillo est à la fois fluide et dynamique. Parvenant à trouver le juste équilibre entre fantastique, action et émotions, le cinéaste livre ainsi un spectacle divertissant et haut en couleurs qui développe, en filigrane un discours résolument féministe, l’héroïne s’imposant comme une femme forte, déterminée et émancipée du pouvoir patriarcal (même si le moment où elle passe en mode guerrière est un peu trop appuyé). L’interprétation de qualité achève de faire de La Demoiselle et le Dragon un métrage attractif !
Erwan BARGAIN

