
LE MOULIN ***
(The Mill). USA. 2023. Réal.: Sean King O’Grady. 1h46. Avec : Lil Rel Howery, Pat Healy, Karen Obilom. (Disney +).
Joe, un homme d’affaire ambitieux, se réveille, un jour, sans raison, dans une cellule à ciel ouvert construite dans un ancien moulin. Ne sachant pas comment il est arrivé là, il va devoir travailler comme une bête de somme dans l’espoir de rester en vie. Mais comment survivre à la cadence infernale qu’imposent ses geôliers ?
À la croisée des chemins entre Cube, de Vincenzo Natali et La Plateforme, de Galder Gaztelu-Urrutia, Le Moulin repose sur une mécanique narrative ayant déjà fait ses preuves par le passé et que le scénariste Jeffrey David Thomas exploite de manière relativement efficace en dépit d’un dénouement quelque peu prévisible. Si l’histoire est en effet schématique avec son héros qui, comme dans un jeu, passe les étapes dans l’espoir de survivre, elle se distingue par les thèmes qu’elle aborde et par sa volonté de s’ancrer dans une réalité sociale. Et ici, c’est le monde du travail et l’aliénation qu’il exerce sur les individus qui est principalement ciblé. La compétitivité exacerbée entre les salariés, la pression qui pèse sur eux mais aussi, d’une façon ou d’une autre, cette lutte des classes qui gangrène depuis des siècles le système aboutissent à la déshumanisation de la société. Certes, la métaphore est un peu appuyée et mais elle fonctionne. Quant à la fin, un peu abrupte et sous forme de chute, elle n’est pas sans évoquer un épisode de «Black Mirror». Côté mise en scène, si la photographie est soignée et les décors étouffants, la réalisation de Sean King O’Grady, pour sa part, manque de personnalité et se contente du minimum syndical. Heureusement, la prestation de Lil Rel Howery (vu dans Get Out et Bird Box, notamment et également coproducteur du métrage), qui porte le film sur ses épaules, est à la hauteur et contribue au petit capital sympathie de cette série B.
Erwan BARGAIN

