
(The First Omen) U.S.A./Italie/Serbie/Canada. Réal.: Arkasha Stevenson. Scén.: Tim Smith, Arkasha Stevenson, Keith Thomas. Prod.: David S. Goyer, Keith Levine. Photo : Aaron Morton. Mont.: Bob Murawski, Amy E. Dudelson. Son : Emanuella Cotellessa. Mus.: Mark Korwen. 1h59. Avec : Nell Tiger Free, Ralph Ineson, Sonia Braga, Bill Nighy, Anton Alexander, Maria Caballero. Dist.: Walt Disney.
SORTIE : 10 AVRIL 2024
Signé par la réalisatrice et productrice Arkasha Stevenson dont c’est le premier long-métrage (elle avait auparavant travaillé sur des séries TV), La Malédiction : l’origine, qui relate l’histoire de la naissance de Damien, est une excellente surprise qui peut en outre s’apprécier dans savoir vu les 4 précédents volets de la série. Cette préquelle à La Malédiction de Richard Donner retrouve l’aspect horrifique du premier opus, la cinéaste respectant parfaitement le cahier des charges, que ce soit dans la violence graphique, les thématiques évoquées ou même tout simplement l’état d’esprit. Le premier atout du métrage, c’est Nell Tiger Free («Game of Thrones»), qui campe l’heroïne, Margaret, une jeune Américaine déménageant à Rome pour prononcer ses vœux. Elle apprend vite que quelque-chose ne va pas et que l’Église catholique dissimule des crimes horribles et des secrets odieux. L’actrice livre une performance impressionnante et sa forte présence, dans un personnage alliant grâce innocente et foi assurée de nonne, décuple notre intérêt pour cette histoire complexe, aux péripéties à la Dan Brown, mais qui sait rebondir sur ses pieds avec efficacité. Second atout, outre une réalisation soignée témoignant d’une grande fibre artistique de la part de toute l’équipe : le cadre de Rome, la ville-phare montrée ici dans les années 70 avec toutes les turbulences de cette époque italienne agitée, à savoir les troubles sociaux contre l’État et l’Église. Un cadre parfaitement exploité qui change agréablement de celui des films d’horreur anglo-américains. À ce sujet, la photo est absolument splendide, avec des choix esthétiques raffinés. Autre point positif : un rythme, qui ne faiblit presque jamais, ponctué d’effets-choc efficaces ménageant des hommages à l’horreur classique et au giallo. D’autres acteurs appréciés figurent au générique, tel Bill Nighy, campant un cardinal qui connait Margaret depuis l’orphelinat où elle a grandi, ou encore Charles Dance. Très moderne grâce au thème du Diable élargi pour inclure une conspiration au sein de l’Église et jouant habilement du détournement croissant de la foi chrétienne pour justifier les exactions montrées, The Omen, sombre et souvent effrayant, sait en même temps reprendre habilement les éléments du succès-surprise de 1976. A voir absolument !

