
Le cinéma turc est souvent à l‘honneur, dans nos pages (sites et magazine) pour les séries B (voire Z) d’horreur qu’il produit allègrement (au rythme d’une sortie par mois). Si nous nous penchons, à l’occasion, sur les excellentes séries (fantastiques et policier-mystère-thriller) que l’on nous propose, les films « mainstream» ne sont guère mentionnés car à priori rien ne le justifie. Aussi, quand on tombe par hasard sur une production courante telle « RESTE LA VIE 2 » (« I, God Hads 2é), c’est un plaisir de l’évoquer, en raison de ses grandes qualités.
Ce film du cinéaste Ketche, basé sur un scénario d’Hakan Bonomo (récompensé pour la série « Aile » l’an dernier, mêlant action, policier et drame), est une comédie romantico-dramatique où un père et un fils viennent de se retrouver et tentent de prendre un nouveau départ après une tragédie (le vide laissé par une épouse et une mère adorée décédée d’un cancer voici).
En fait, en filigrane, est utilisé le thème du voyage dans le temps. D’une manière poétique, symbolique, avec émotion et tact. Le premier aspect qui attire l’attention, ce sont les dialogues, drôles et vifs, lors de échanges entre le petit garçon qui a perdu sa mère, le père qui a perdu sa femme, et cette inconnue sympathique et directe (une architecte, en fait) qui cache pourtant un (lourd) secret. Si les adultes doivent gérer un sentiment de culpabilité, l’enfant, lui, croit à un rêve fou, qui lui permet de tenir le coup dans le chagrin. Leur destin croisé les réunira de façon intime. De quoi peut-on s’émerveiller le plus ? De la qualité de l’interprétation (et en particulier de celle de l’acteur-enfant, d’une justesse incroyable) ? De l’ingéniosité d un scénario en apparence classique qui recèle pourtant bien des surprises ? De ces prises de vue magnifiques ? De la b.o. subtile ? Des décors colorés, et toujours pittoresque, d’Istanbul ? Le film nous envoute littéralement, sachant ménager avec habileté rires et larmes le tout saupoudré de féérie. Rythmé, drôle, déroutant, « Reste la vie 2 » est une totale réussite, nous apprenant à découvrir un cinéma turc qu’on ignorait, mais dont on suivra désormais avec passion, le futur…
(signalons que le film est en fait une suite, d’un épisode précédent sorti il y a 2 ans, mais peut se voir directement)

