
IRATI
Un formidable film de fantasy médiévale
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Espagne/France. 2022. Réal. Paul Urkijo Alijo. Scén.: Paul Urkijo Alijo d’après le roman graphique de Jon Muñoz Otaegui et Juan Luis Landa. Prod.: Iñaki Burutxaga, Juanjo Landa et Paul Urkijo Alijo. Photo : Gorka Gómez Andreu. Mus.: Maite Arroitajauregi et Aránzazu Calleja. Mont.: Elena Ruiz. 1h51. Avec : Eneko Sagardoy, Edurne Azkarate, Itziar Ituño, Elena Uriz.
SORTIE : 22 MAI 2024
Au VIIIe siècle, Eneko, fils d’un souverain défunt, revient sur les lieux de son enfance dans l’espoir de régner sur les terres de sa famille. Pour cela, il va devoir retrouver la dépouille de son géniteur qui avait passé un pacte avec les esprits de la forêt. Il sera aidé, dans sa quête, par Irati, une jeune et belle païenne dont il s’éprend rapidement.
Récompensée au festival de Sitges en 2022, Irati est une œuvre de fantasy médiévale somptueuse qui démontre que les Américains n’ont pas le monopole du genre. Ce film, réalisé par cinéaste Paul Urkijo Alijo, s’inspire ainsi des légendes et de la mythologie basque pour entraîner le spectateur dans monde de magie et de sorcellerie fascinant. Ce qui saute immédiatement aux yeux, à la vision d’Irati, sont ses qualités esthétiques, éblouissantes à plus d’un titre et qui contribuent grandement à la réussite du film. La magnifique photographie, aux couleurs contrastées, met ainsi en valeur de magnifiques paysages forestiers et parvient à capter la dimension envoûtante de cette foisonnante végétation. L’auteur connait bien cet environnement qu’il parvient, sans mal, à mettre en valeur et dont il fait un personnage à part entière. Le Fantastique est, ici, introduit par petites touches dans un premiers temps avant de devenir de plus en plus palpable au fur et à mesure que l’histoire se développe. Le réalisateur convoque alors quelques créatures de la mythologie basque, à commencer par les Lamiak, des sortes de nymphes aux pieds d’oiseau qui incarnent l’un des esprits de la Nature. Car le métrage, au-delà d’être un formidable film d’aventures (aux scènes de combats violentes et sanglantes, à l’image de celle qui se déroule sous le déluge en début de récit) doublé d’une belle histoire d’amour impossible, nous questionne également sur notre rapport à la faune et à la flore qui nous entourent. Porté par des effets spéciaux remarquables et jamais envahissants, le métrage est, en outre, truffé de séquences admirables, à l’image de ce long passage dans la grotte et celui dans l’antre de Mari. L’interprétation, dominée par Eneko Sagardoy et Edurne Azkarate, excellents dans les deux rôles principaux, ne sont pas pour rien dans la réussite incontestable de cette œuvre qui est bien meilleure que de nombreuses productions d’outre-Atlantique au budget nettement plus élevés. À découvrir sans hésiter.
Erwan BARGAIN

