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JEU INTÉRIEUR

Devine qui je suis…

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(It’s What’s Inside). USA. 2024. Réal. et scén.: Greg Jardin. Prod.: Kate Andrews, Jason Baum, William Rosenfeld. Photo : Kevin Fletcher. Mus.: Andrew Hewitt. Mont.: Greg Jardin. 1h43. Avec : Brittany O’Grady,  David Thompson, James Morosini, Devon Terrell. (Netflix).

 

Une bande d’amis, en amont du mariage de l’un d’entre eux, se réunit durant une soirée pour faire la fête. Forbes, qui est un chef d’entreprise accompli, emmène à cette occasion un nouveau jeu de société sur lequel il travaille et qui, par un savant mécanisme scientifique, permet aux participants de changer de corps et de se retrouver dans celui d’un de ses adversaires. Ce qui ne sera pas sans conséquence pour le petit groupe de copains…

 

Projeté au festival de Sundance où Netflix a acquis les droits de distribution internationale du film, Jeu Intérieur repose sur un high concept prometteur mariant SF, horreur et thriller psychologique. Le sujet est en effet alléchant et a, sur le papier, tout pour séduire un large public. Le réalisateur, Greg Jardin (dont c’est le premier long-métrage), en est bien conscient et met ainsi tout en œuvre pour exploiter du mieux possible son histoire. Une histoire qui démarre comme une série B à l’ère des écrans et des réseaux sociaux, laissant craindre la pire, avant que le récit se déploie réellement et que les enjeux dramatiques soient posés. C’est alors que la partie de cache-cache peut commencer et que les règlements de compte entre amis sont lancés. S’appuyant sur une réalisation très stylisée qui joue notamment avec les split-screens et les reflets, Jardin parvient à créer une atmosphère étrange et intrigante. Il joue sur les ruptures de ton oscillant entre comédie noire et moments de tension et de suspense tout en ménageant de nombreuses surprises et rebondissements que nous ne dévoilerons pas ici, évidemment. Reste que si l’idée de base du film est originale et que son développement est plutôt convaincant, le spectateur peine à s’impliquer émotionnellement dans le film, faute à une galerie de personnages manquant de consistance et auxquels il est difficile de s‘attacher. D’autant qu’avec les multiples changements de personnalités, Greg Jardin finit par nous égarer. Cette carence psychologique qui caractérise l’histoire est l’un des principaux points faibles du film, qui, néanmoins se laisse regarder avec plaisir d’autant que la B.O., particulièrement bien sentie, est composée de morceaux qui, d’une certaine façon, illustrent les caractères des différents protagonistes à défaut de leur offrir de l’épaisseur. Voilà donc une production indépendante distrayante et ne manquant pas de panache mais qui, en creusant un peu plus ses personnages, aurait pu être mémorable. Reste donc, au final, et en dépit d’un côté inabouti, un divertissement de qualité qui a le mérite de sortir des sentiers battus.

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