VOD
LAST STRAW
Seule contre tous
***
USA. 2023. Réal.: Alan Scott Neal. Scén.: Taylor Sardoni. Prod.: Daniel Brandt, Cole Eckerle, Dane Eckerle, Michael Giannone et Phil Keefe. Photo : Andrey Nikolaev. Mus. Alan Palomo. Mont.: Nathan Whiteside. 1h23. Avec : Jessica Belkin, Taylor Kowalski, Jeremy Sisto, Glen Gould. (Shadowz).
Nancy, une jeune femme ayant des rêves plein la tête, mène une existence morne et ennuyeuse dans une petite bourgade. Son quotidien se partage entre les sorties et son job de serveuse dans le Diner de son père. Mais un jour, sa vie bascule quand quatre hommes masqués pénètrent dans le bistrot et se montrent menaçants…
Production horrifique inattendue, Last Straw possède bon nombre de qualités pour séduire les amateurs du genre. Mené à un train d’enfer, ce premier long-métrage d’Alan Scott Neal se caractérise en effet par son indéniable efficacité. Et ce, dès la séquence d’introduction qui nous dévoile le carnage s’étant déroulé dans un restaurant. Puis le récit construit sous la forme d’un long flashback nous relate les circonstances du drame. En quelques minutes, le personnage de Nancy est brossé. On découvre alors une jeune femme vivant dans un coin perdu et tombée enceinte contre son gré. Son quotidien est rythmé par son travail de serveuse dans le snack de son père. Passées les présentations, l’action se met rapidement en place avec l’intrusion de quatre hommes masqués dans le restaurant. Le réalisateur parvient ainsi à instaurer instantanément une tension palpable qui laisse deviner que les évènements vont déraper. Ce qui est le cas, une fois la nuit tombée et que l’héroïne se retrouve seule dans l’établissement. À partir de ce moment, Alan Scott Neal fait monter le suspense crescendo jusqu’au dénouement. Il nous gratifie de séquences angoissantes, à l’image de celle avec le shérif ou encore quand les quatre psychopathes cherchent à débusquer Nancy. Le cinéaste parvient à façonner une atmosphère suffocante traversée d’accès de violence et de brutalité, notamment à travers les comportements de certains protagonistes dont nous tairons les noms pour ne pas gâcher la surprise. Car le scénario possède son lot de rebondissements et de retournement de situation, même s’il n’est pas dénué de petites incohérences. Astucieuse, l’histoire prend la forme d’un puzzle dont les pièces s’assemblent peu à peu, faisant apparaître tous les contours de l’intrigue. Au final, Last Straw se révèle être une solide petite série B, fort distrayante et bien exécutée.
ERWAN BARGAIN





