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HUMANE
L’enfer, c’est les hôtes !
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Canada. 2024. Réal.: Caitlin Cronenberg. Scén ; Michael Sparaga. Prod.: Michael Sparaga. Photo : Douglas Koch. Mus.: Todor Kobakov. Mont.: Orlee Buium. 1h33. Avec : Jay Baruchel, Emily Hampshire, Enrico Colantoni, Peter Gallagher. (Paramount+).
Frappée par une crise environnementale sans précédent, le monde souffre d’un problème de surpopulation. Pour endiguer cette situation, le gouvernement a instauré un plan d’euthanasie rémunéré, à grande échelle. Une famille aisée se voit prise dans un terrible engrenage quand le patriarche décide, sans raison, de s’inscrire au projet pour être tué…
Premier long-métrage de Caitlin Cronenberg, la fille de David Cronenberg, Humane est un thriller dystopique et horrifique surprenant qui, même s’il ne va pas tout à fait au bout de son idée et de sa pensée, est vraiment digne d’intérêt. Le scénario, signé Michael Sparaga, repose sur un concept intéressant qui, dans un futur proche, nous plonge au cœur d’un drame familial où chaque membre du clan va être amené à dévoiler son vrai visage. La première demi-heure de projection permet ainsi à la réalisatrice de poser le contexte, mais aussi et surtout d’introduire les protagonistes sur lesquels repose l’intrigue, et notamment la fratrie mais aussi le personnage de Bob, le récupérateur de cadavres, qui est à la fois drôle et malaisant, en particulier quand il aborde la question des mineurs dont les corps ne sont pas encore payés par l’État. Ainsi, au fur et à mesure que le récit avance, une critique acerbe de la société se développe, pointant, en particulier, du doigt les inégalités et les injustices existant dans ce monde ultralibéral, mais aussi ces jeux de pouvoir qui gangrènent les relations humaines. Parallèlement, la réalisatrice met en exergue la catastrophe environnementale qui se joue actuellement en imaginant une Terre où il est désormais indispensable de se protéger contre les UV. Cette dimension sociale ajoute un intérêt supplémentaire au film qui dans sa deuxième partie, voit sa narration piétiner un peu, d’autant que les comportements des frères et sœurs sont parfois difficilement compréhensibles. Heureusement, les dialogues sont empreints d’un humour noir assez réjouissant qui fait oublier les quelques longueurs altérant par moments l’histoire et ce, jusqu’aux quinze dernières minutes, intenses à souhait. En résulte un thriller horrifique efficace qui, s’il n’est pas dénué de défauts, marque les débuts d’une réalisatrice à suivre de près.
ERWAN BARGAIN





