





Lutter contre la nuit
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USA. 2025. Réal.: Jake Schreier. Scén.: Eric Pearson, Joanna Calo, d’après le comic de Kurt Busiek & Mark Bagley. Prod.: Kevin Feige. Photo : Steve Yedlin. Mus.: Son Lux. Mont. : Angela M. Catanzaro, Harry Yoon. Déc. : Melissa M. Levander. Eff. vis. : Jake Morrison. 2h06. Avec : Florence Pugj, Sebastian Stan, David Harbour, Wyatt Russell, Holga Kurylenko, Lewis Pullman, Julia Louis-Dreyfuss, Geraldine Viswanathan. Dist.: The Walt Disney Company France.
SORTIE : 30 Avril 2025
«Il y a quelque chose qui cloche chez moi, un vide. Je pensais que cela avait commencé à la morte de ma sœur (flashback) mais on dirait que c’est plus grand maintenant : un néant». Qui s’exprime ainsi ? Yelena Bulova, qui fut super-héroïne russe mais est désormais passée du côté du Bien, entendez les États-Unis, et dans l’écuelle de la firme Marvel. Cette première phrase off d’un scénario qu’on peut juger passe-partout donne le ton de cette 36e adaptation des comics les plus célèbres au monde, et qu’on avait vu apparaître sur les écrans en 2008 avec Iron Man. Ce qui voudrait nous souffler que les héros, même se multipliant à l’envi, sont fatigués ?
Bras cassés certes – à chaque empoignade ils en prennent pour leur grade, le nouveau captain America se faisant par exemple cabosser son bouclier comme s’il était en carton – les membres de cette nouvelle et fine équipe font tout leur possible pour garder la foi en leur mission, à commence par Yelena, l’énergique et bien charmante Florence Pug (qu’on avait vue dans Black Widow), qui avoue «Nous ne savons même pas voler !» (salut Superman !) alors qu’on la voit plonger du haut d’un buildings. Citons aussi David Harbour en Red Guardian, ou encore Sebastian Stan et son bras d’acier, lui qui fut le soldat de l’hiver dans un Capitaine Americ, et dont on se garderait de passer sous silence sa prestation en Donald Trump jeune dans The Apprentice. Anecdote certes, mais qui permet de préciser que l’adversaire ici à combattre n’est rien moins que le Néant, dont l’ombre mortifère s’étend sur Manhattan, y supprimant toute vie. Même si le film a été réalisé avant l’élection d’un autre grand méchant à peau orange, cette obscurité maléfique n’est-elle par celle qui est en train d’éteindre tout ce qui faisait la grandeur de l’Amérique ? On rejoint là une actualité, fût-elle prospective, que les productions Marvel depuis leur origine n’ont jamais ignorée et, sur un scénario engrangeant nombre de références à plusieurs Marvel-films précédents, enrichit une action trépidante aux effets visuels frappants, ainsi de cette pluie de gravats s’abattant dans les rues de New-York. Comme nous le fait comprendre l’habituel post-générique en forme de clin d’œil, si les Avengers semblent bien avoir tiré leur chapeau, les Thunderbolts sont prêts à prendre le relai tel. Sans doute, tel le Cyrano de Rostand, ont-ils récolté plaies et bosses et nombre de déconvenues. Mais avec panache.
Jean-Pierre ANDREVON

