THE CREEPER (1948) sur Youtube

nos collections

THE CREEPER (1948) sur Youtube

 

“The Creeper” (1948) est à nouveau un film de Jean Yarbrough, auquel on doit, deux ans plus tôt, le réussi « She Wolf of London ». Ici l’histoire se concentre, de la même manière, sur une jeune femme (Janis Wilson), pétrifiée par les chats, qui se croit poursuivie par une créature féline géante et passe la majeure partie du film dans un état catatonique.

 

Le sujet : Deux scientifiques, en expédition aux Antilles, découvrent un sérum capable de transformer les humains en chats, ou du moins en tueurs félins. L’un est convaincu qu’ils doivent poursuivre leurs expériences, l’autre non, ce qui lui coûte la vie. Plusieurs morts surviennent avant que le premier scientifique ne soit stoppé dans ses projets insensés.

Film de série B produit par Reliance Pictures, la société de Bernard Small, ce petit thriller divertissant de 64 minutes, possède  une distribution composée de personnages familiers comme Onslow Stevens, Ralph Morgan, Eduardo Ciannelli et June Vincent. John Baragrey, acteur principal, allait connaître une brillante carrière à la télévision. L’actrice principale était Janis Wilson, âgée de dix-huit ans (elle avait débuté à 12 ans, dans deux films à suspense de Bette Davis), qui plus tôt, avait joué dans Now Voyager, Watch on the Rhine et The Strange Love of Martha Ivers, entre autres films, et semblait se bâtir une solide carrière. Pourtant,  The Creeper fut son dernier rôle au cinéma, et elle se retira du grand écran pour se consacrer au mariage et à l’enseignement de la musique. Le réalisateur Jean Yarbrough était réputé de son côté pour sa fiabilité et sa capacité à produire des films dans les délais et les budgets impartis. Ben Pivar en était le producteur exécutif. Il était responsable de l’unité d’horreur des studios Universal pendant la guerre. Le cycle de l’horreur s’était considérablement ralenti depuis la fin de la guerre, mais il existait encore un marché pour les films d’horreur de « matinee » (cf. le film de Joe Dante) et The Creeper fut fabriqué pour alimenter ce marché. Le réalisateur a ici opté pour une atmosphère qui rappelle « The Cat People »  (l’héroine a une peur extrême, voire irrationnelle des chats et le titre même du film fait référence à un chat noir), et les autres productions de Val Lewton pour la RKO, avec une photographie plutôt bonne et un jeu d’ombres efficace, le film étant empreint d’une atmosphère particulière (de plus, comme chez Lewton, on ne voit le monstre qu’à la toute fin).. Il est intéressant de noter que The Creeper comporte des séquences oniriques qui rappellent les films noirs de la  RKO (bien qu’il s’agit d’un film de la Fox. Les ombres et un éclairage tamisé servent à masquer les décors bon marché, les effets spéciaux s’avérant plutôt nombreux (effets visuels et main du monstre, notamment).

La version que propose YOutube est hélas desservie par la mauvaise qualité de l’image, et entrecoupée de pubs envahissantes. L’un et l’autre desservent le film (qui devait s’intituler à l’origine « The Cat Man »). Lequel a été tourné en seulement 15 jours, et n’est jamais sorti en France. Malgré ses défauts (l’histoire – impliquant un sérum mystérieux, des chats, des phobies et les Antilles – n’est pas toujours très claire, servant simplement de toile de fond pseudo-scientifique à ce qui s’avère être un récit  plutôt ordinaire de rivalité et de vengeance), « The Creep » est à voir, s’agissant d’une rareté.

 

A signaler que malgré le titre  et son auteur,  ce film n’a rien à voir avec le personnage de Rondo Hatton, surnommé le Creeper (héros en 1946 de « The Brute Man », du même réalisateur et toujours produit par Ben Pivar)

dernières actualités

soutenir l'écran fantastique

Soutenez les projets fantastiques de l’Ecran Fantastique ! Nous avons besoin de vous !