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Sorcière, es-tu là ?
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Royaume-Uni. 2024. Réal. et scén.: Dean Puckett. Prod.: Jude Goldrei et Rebecca Wolff. Photo : Ian Forbes. Mus.: Unknown Horrors. Mont.: Paco Sweetman. 1h20. Avec : Emma Appleton, Toby Stephens, Barney Harris, James Swanton. (Shadowz)…
Au sein d’une communauté religieuse dirigée par son père, Magpie tue son mari violent et fait passer le meurtre pour un accident. Mais rapidement la paranoïa s’installe au sein des membres de la petite société, persuadés que la jeune femme a pactisé avec une bête vivant dans la forêt…
Tiré d’un court métrage que le réalisateur a signé quelques années auparavant, The Severed Sun est un film intéressant mais inabouti à plus d’un titre. Ainsi, ce qui saute aux yeux, dès les premières images, est le soin apporté à la composition du cadre et à la photographie, absolument splendide, d’autant que le film est tourné en lumière naturelle, accentuant ainsi l’atmosphère inquiétante susceptible de se dégager de l’ensemble. Le réalisateur parvient, en outre, à tirer parti des décors et des paysages et, imprimant un rythme contemplatif à son récit, ancre, résolument son film dans la tradition du folk horror. L’histoire n’est malheureusement pas dénuée de longueurs et rebutera sans doute bon nombre de spectateurs. À la vision de cette production britannique, on pense évidemment à The Witch ou encore The Village, même si, à aucun moment, The Severed Sun ne rivalise avec ces deux classiques du genre. La faute à un récit pas toujours très bien mené mais surtout à des personnages auxquels il est difficile de s’attacher en dépit d’une interprétation solide de l’ensemble du casting. Alors, certes, l’allure de la «bête» (malgré ses yeux brillants et qui apparaît avec parcimonie) est attrayante et les vingt dernières minutes de projection sont plus animées et réservent quelques passages assez intéressants (notamment quand la suspicion puis la folie s’emparent des membres de la communauté), reste que cela n’est pas suffisant pour faire de ce film une œuvre transcendante. Bref, The Severed Sun est une réussite formelle incontestable mais pèche par un manque de cohérence scénaristique, laissant au final un sentiment mitigé.
ERWAN BARGAIN

