
Hands of Death (1962)
Ce qu’il y a d’intéressant à savoir, avec “Hand of Death”, qui date de 1962, c’est que jusqu’au début des années 90, il avait disparu ! Impossible de le revoir (à cause d’une combinaison de flou juridique, de négligence des grands studios et de la dissolution de sa société de production d’origine). Les amateurs devaient se contenter des photos parues dans « Famous Monsters of Filmland » (exactement comme avec « Plan 9 from Outer Space » d’Ed Wood, longtemps invisible, voire « La Marque du Vampire »). Pourquoi avait-il disparu ? Mystère ! D’autant que, contrairement à « Plan 9 from Outer Space », il s’agit d’un bon film ! C’est une série B SF/horrifique d’une heure, durée qui explique peut-être pourquoi on ne s’ennuie jamais. A l’actif du film, il y a aussi la musique jazz-horreur de Sonny Burke (qui travaillait d’ordinaire sur des séries TV), omniprésente et très efficace (bongos, orgue, tam-tam, harpe). Une fois de plus la photo (en scope) est du talentueux Floyd Crosby (qui avait débuté avec Murnau), qui vient en renfort à la réalisation de Gene Nelson , chanteur de comédies musicales et de danse, qui figure notamment en vedette dans le western musical « Oklahoma ! ») de Fred Zinneman, en 1955, film que j’avais vu en famille lors de sa sortie en France (j’avais été surpris par ce type de western ! Il s’agit d’une adaptation d’une comédie musicale, qui remporta 2 oscars en 1956). Rien de particulier dans la carrière de Gene Nelson qui, en tant que réalisateur, a beaucoup travaillé lui aussi pour la TV. En tout cas, il fait montre d’une réelle aisance à la réalisation, ce qui est plutôt rare dans ce type de monster movie à (tout) petit budget (l’exception étant bien sûr Roger Corman à l’époque).
De quoi parle le film ? Le scénario, dû à Eugène Ling et Harry Spalding (« The Day Earth Dies Screaming » et « The Day Mars Invaded Earth ») voit le docteur Alex Marsh, un scientifique du gouvernement établi dans le désert californien, créer avec son assistant un sérum combinant un hypnotique et un gaz neurotoxique paralysant, qui devrait mettre fin à toutes les guerres. Malheureusement, il renverse la formule, inhale les vapeurs et se met des gouttes sur les mains, le transformant en monstre meurtrier.
L’un des bons points de ce métrage, tourné comme « Le monstres des profondeurs » en décors naturels à Malibu et Santa Monica (du reste, on dirait un fim des années 50 destinés aux drive-in…) c’est la présence du célèbre John Agar dans le rôle principal, celui du monstre (il est connu pour « Tarantula» et « La revanche de la créature » en 1955, « Le Peuple de l’enfer », 1956, « La fille du docteur Jekyl » et « Le cerveau de la planète Arous » en 1957, « Attack of the Puppet People », 1958, « Journey to the Seventh Planet », 1962, etc). Comme à son habitude, il est efficace et crédible (rien à voir, mais il fut aussi le mari de Shirley Temple ! Un mariage qui lui permit de débuter sa carrière au cinéma dans les années 40, avec notamment « Le massacre de Fort Apache » et « La charge héroïque », tous deux de John Ford)(private joke : Shirley Temple apparaît du reste ici dans une scène de cauchemar !). Son maquillage dans le film est l’un des points forts de celui-ci, réellement horrible (comme le sont ses victimes, toutes effroyablement défigurées à son contact), une sorte de Blob sur pattes, qui évoque également «La Chose » des Quatre Fantastiques…. A ses côtés, on retrouve la séduisante Paula Raymond (qui avait alors 38 ans)(on a pu la voir dans « Le Monstre des temps perdus », 1953, dans « Richard Coeur de Lion », 1954, et de nombreuses séries TV)(son grand père, Farnsworth Wright, dirigea avec succès le magazine « Weird Tales » durant son âge d’or)
A noter la présence savoureuse de Joe Besser (l’un des Trois Stooges !) dans le rôle d’un pompiste, avec des répliques comiques du style « Parfois, ça ne paie pas de sortir du lit »)

