






Vie et mœurs des bigfoots
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(Sasquatch Sunset). USA. 2024. Réal.: David et Nathan Zellner. Scén.: David Zellner. Prod.: Jesse Eisenberg, David Harari, George Rush, Lars Knudsen, David Zellner, Nathan Zellner et Tyler Campellone. Photo : Mike Gioulakis. Mus.: The Octopus Project. Mont.: Daniel Tarr, David et Nathan Zellner. 1h28. Avec : Jesse Eisenberg, Nathan Zellner, Riley Keough, Christophe Zajak-Denek. (Paramount+).
Avec Primitifs, les amateurs d’objets filmiques difficilement identifiables seront aux anges. Coproduit, entre autres, par Ari Aster, réalisateur de Midsommar, et le comédien Jesse Eisenberg, qui campe l’un des principaux protagonistes, ce long-métrage de David et Nathan Zellner pourrait en effet être présenté comme un croisement improbable entre La Guerre du Feu, de Jean-Jacques Annaud, et RRRrrrr !!!, d’Alain Chabat.
Ce métrage, muet, met en scène une famille de bigfoots dont il nous invite à suivre le quotidien et les mœurs et ce, avec un sens de l’absurde qui fait plaisir à voir. Tournée à la manière d’un documentaire animalier, cette production bouscule les codes et nous entraîne, avec humour et un certain naturalisme, sur les traces de ces créatures que l’on imagine être les dernières de leur espèce. On voit ainsi, durant, un peu moins d’1h30, les quatre protagonistes (des comédiens en costumes et qui bénéficient, pour le visage, de maquillages spéciaux très réussis) évoluer dans la nature et tenter de survivre tout en se préservant des humains. Inutile de cacher que le concept est des plus déroutants et qu’il rebutera de nombreux spectateurs, peu en phase avec un cinéma quasi expérimental. Car on peut trouver le temps long devant cette œuvre en marge et à la mise en scène contemplative. On ne peut, cependant, que saluer l’audace des deux réalisateurs qui nous offrent un film comme on en voit peu. D’autant que l’histoire nous interroge sur la frontière existante entre le comportement humain et animal, quitte par moments à faire appel au mauvais goût et à un humour un peu trash. Ce qui n’empêche pas l’émotion de pointer son nez, notamment dans la dernière partie du récit. Portée par des acteurs impliqués, Primitifs s’impose au final comme une production clivante mais unique en son genre.
ERWAN BARGAIN
Voir entretien dans notre numéro 452 (reboot 38), page 46

