Sur Amazon Prime est apparu depuis quelque temps THE TRAIL, un film autrichien de Stefan Müller, qui mêle drame, SF, horreur, aventure et mystère. On en a déjà parlé ici, mais je suis d’un avis différent, donc je donne mon avis, avec la recommandation de le voir.
L’histoire : Une jeune femme s’engage sur un sentier de randonnée isolé dans les Alpes pour surmonter un traumatisme. Au cœur de ce paysage rustique, elle est non seulement confrontée à ses propres peurs, mais aussi à une menace extraterrestre.
Avant toute chose, je précise que le film est extrêmement lent, voire contemplatif. Il s’articule autour d’un personnage central, le seul véritable personnage du film (je ne veux pas spoiler pour le reste).Le métrage est dépourvu de dialogues (on entend juste des bruits). On peut être décourager à le visionner, pour cette raison. Cependant, pour peu qu’on fasse preuve de patience, on en sera récompensé, car l’émotion nous gagne progressivement (mais surtout dans les 20 dernières minutes). Sa lenteur, son manque de rythme n’est pas vraiment un défaut car c’est le choix du réalisateur (et on imagine mal le film autrement).
On est d’abord et surtout sidéré par la sublime beauté des paysages (de montagne). L’écran large est utilisé brillamment, et les images nous envoutent. C’est un tout petit budget visiblement, qu’on n’attende pas des choses démonstratives. Le second bon point, c’est l’actrice omniprésente, qui porte tout le film sur ses épaules. Elle n’est pas spécialement séduisante. Mais ce n’est pas non plus le but recherché. Mais sa perfomance est formidable. Cette femme qu’elle incarne est traumatisée. Elle entreprend une randonnée solitaire pour surmonter son traumatisme personnel. C’est un voyage de guérison, qui va se transformer en un combat pour la survie face à une menace inexplicable, laquelle devient le miroir de son traumatisme intérieur. La SF est ici utilisée pour explorer des thèmes comme la solitude, le courage de faire face à son passé et la douleur qu’il représente. La comédienne parvient à nous transmettre la peur, voire la terreur qui anime son personnage (il me semble qu’il est muet de surcroit, car elle utilise le langage des signes). C’est une horreur psychologique, traduite à l’écran par le son, le langage corporel. La musique est omniprésente, et bienvenue, véhiculant comme toujours l’émotion (mais aussi la tension). Les effets spéciaux sont utilisés avec parcimonie (mais ils sont présents). Le film joue surtout sur l’imagination du spectateur Ce qui est horrible n’est pas tant ce qu’on voit à l’écran que ce qu’on s’imagine. Bien pire que tout ce que l’on pourrait nous montrer. En cela, le film est une véritable expérience personnelle. Donc, je vous le conseille vivement, avec cet avertissement que je réitère : prenez votre temps, ne soyez pas impatient. Car en fin de compte, « The Trail » s’avèrera comme un film de SF unique, ne ressemblant à aucun autre.
Alain Schl

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