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L’effroi familial
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Canada/USA. Réal. et scén.: Julia Max. Prod : Mia Chang, Lovell Holder, Julia Max, Robert J. Ulrich. Photo : Cailin Yatsko. Mus. : Alex Winkler. Mont : Sushila Love. 1h36. Avec : Colby Minifie, Kate Burton, Chelsea Alden, Mia Ellis. (Insomnia).
À la mort de son mari, une mère de famille engage un mystérieux individu pour pratiquer un rituel ancestral afin de le ramener à la vie…
Autant le dire tout de suite : The Surrender est une œuvre dérangeante à plus d’un titre qui mettra mal à l’aise de nombreux spectateurs. Il faut dire que pour son premier long-métrage, Julia Max ne choisit pas la facilité et traite d’un problème douloureux, à savoir le deuil d’un proche. Elle nous offre ainsi un drame horrifique qui, naviguant entre body et folk horror, ne laisse pas de marbre, bien au contraire. Dès les premières secondes de projection, la réalisatrice dévoile la dimension organique de l’entreprise avant de nous plonger au cœur de la cellule familiale en nous dévoilant les rapports difficiles entre une mère et sa fille alors que l’homme de la maison est alité et mourant. La fin de vie du mari et père est aussi réaliste que douloureuse et ne peut que faire écho aux spectateurs ayant déjà vécu une telle situation. Le premier tiers du film est, en ce sens, juste et émouvant avant que le récit ne glisse progressivement vers l’horreur quand Barbara annonce à Megan qu’elle a fait appel, pour ramener Robert d’entre les morts, à un étrange individu. L’arrivée et le comportement de ce dernier font ainsi froid dans le dos tout comme la préparation du rituel (le moment où les deux femmes préparent le corps du défunt est vraiment malaisant), rituel très perturbant où se mêlent cendres, larmes et sang. Ce qui génère quelques séquences sous tension, à l’image de celle où le maître de cérémonie sectionne les doigts de la mère et de la fille ou encore la résurrection du père particulièrement perturbante. Certes, une partie du public reprochera sans doute le côté théâtral de quelques séquences mais la cinéaste a le mérite d’aller au bout de son propos avec audace et de nous offrir un dénouement qui marque les esprits. Bref, voilà une production indépendante qui, remarquablement interprétée (les deux actrices principales sont réellement habitées), sort du lot et signe l’acte de naissance d’une artiste à suivre de près.
ERWAN BARGAIN

