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WORLDBREAKER
Le monde d’après
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USA. 2025. Réal.: Brad Anderson. Scén.: Joshua Rollins. Prod.: Bradley Gallo, Martin Brennan, Michael A. Helfant, Tracy Mercer, Jib Polhemus. Photo : Daniel Aranyó. Mus.: Matthew Rogers. Mont.: Brian Philip Davis. 1h35. Avec : Billie Boullet, Milla Jovovich, Luke Evans, Meadow Williams. (Amazon).
Menacés par des créatures venant des profondeurs de la Terre, un père se réfugie sur une île déserte avec sa fille à qui il apprend à survivre et à combattre…
Après des débuts prometteurs qui l’ont vu signer des œuvres comme la comédie romantique Et plus si affinités ou les excellents Session 9 et The Machinist, deux sommets de la terreur psychologique, Brad Anderson a connu une suite de carrière en dents de scie partagée entre le grand et le petit écran. Aujourd’hui, le cinéaste est de retour avec Worldbreaker qui sort directement sur Amazon en France. Mariant action, science-fiction et drame, cette production s’appuie sur un casting solide dominé par Luke Evans, connu notamment pour Le Choc des Titans et Fast and Furious 6, 7 et 8, et Milla Jovovich, qui se glisse dans un rôle qu’elle affectionne, à savoir celui d’une combattante dure à cuire, la jeune Billie Boullet, dont c’est le premier long-métrage, incarnant pour sa part Willa. Le film s’ouvre par une scène de bataille accompagnée d’une voix off qui plante la situation et explique que des créatures, issues des entrailles de la Terre, ont envahi la surface de la planète. On comprend que cette voix est celle du père de Willa expliquant à sa fille les évènements qui se sont produits et qui les ont conduits là où ils sont aujourd’hui. Au cours de cette introduction, assez efficace, on apprend également que les monstres peuvent transformer les hommes, et beaucoup plus rarement les femmes, en êtres hybrides, une donnée qui est loin d’être anodine et qui confère au récit une petite touche féministe tout à fait dans l’air du temps, car, comme le dit l’un des protagonistes à un moment, la gent masculine incarne, d’une façon ou d’une autre, le «Mal». A cela s’ajoute un soupçon de message écologique, la nécessité de préserver la Nature, qui a été si malmenée jusqu’ici, étant régulièrement évoquée (cf. le potager que cultive le paternel). Passées ces considérations et cette dimension réflexive, Worldbreaker s’impose comme une sympathique série B qui, peuplée de créatures à l’allure effrayante (qui n’apparaissent qu’avec parcimonie), se regarde sans déplaisir en dépit d’un récit quelque peu prévisible et d’un dénouement précipité et frustrant. La relation entre le père et sa fille, qui sert de ressort dramatique à l’histoire, est bien amenée, tout comme cette volonté de transmettre la mémoire d’une civilisation. Reste qu’en dépit de ses qualités et des rebondissements qui ponctuent la dernière demi-heure, le métrage d’Anderson laisse un sentiment d’inachevé, sentiment accentué par une fin ouverte laissant supposer un second opus (ou pas).
ERWAN BARGAIN





