IN MEMORIAM GEORGE EASTMAN

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IN MEMORIAM GEORGE EASTMAN

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(1942 – 2026)

Un colosse du cinéma d’exploitation

 

Inoubliable cannibale dans Anthropophagous, de Joe d’Amato, George Eastman est décédé, le 20 mai dernier, à l’âge de 83 ans. Il laisse une empreinte indélébile sur le cinéma de genre.

 

Né à Gênes le 16 août 1942, George Eastman (de son vrai nom Luigi Montefiori), étudie le cinéma et l’art dramatique à Rome avant de commencer à apparaître, au milieu des années 60, dans des westerns-spaghettis en interprétant notamment des rôles de méchants, rôles dans lesquels, grâce à sa carrure imposante (plus de deux mètres), il fait des miracles. Il se retrouve ainsi au générique de métrages tels Mon nom est Pécos, de Maurizio Lucidi ou Django tire le premier d’Alberto De Martino, et décide alors, à cette époque, d’américaniser son patronyme et d’utiliser le pseudo sous lequel il deviendra célèbre. Django le Taciturne, Poker au colt, Django ! Prépare ton cercueil… le comédien enchaîne les rôles et devient rapidement un visage récurrent de la série B italienne, au point d’être remarqué par Federico Fellini qui, en 1969, lui confie le rôle du minotaure dans Satyricon.

 

Quelques mois plus tard, tout en poursuivant sa carrière de comédien, il commence à se frotter au métier de scénariste. Il participe à la rédaction (sans en être crédité) du western Ciakmull, le Bâtard de Dodge City, d’Enzo Barboi puis signe les scripts de Méfie-toi Ben, Charlie veut ta peau, et avec Enzo G. Castellari, Nico Ducci et Mino Roli, celui du Keoma qui sort sur les écrans en 1976, la même année que Bestialité, film réalisé par Peter Skerl dont il a imaginé l’histoire totalement déviante où une jeune femme est traumatisée après avoir vu, durant son enfance, sa mère s’accoupler avec le chien de la famille. Eastman va confirmer, tout au long de sa carrière, son goût pour les sujets bizarres ou malsains. En 1979, il signe notamment le scénario de Sesso Nero, film classé X de Joe D’Amato et dans lequel il prête ses traits à Voyakis, le propriétaire d’une boîte de nuit.

 

Quelques mois plus tard, et toujours en compagnie de D’Amato, il écrit ce qui restera comme l’un de ses films les plus célèbres à savoir Anthropophagous, œuvre gore, viscérale et extrême où il incarne un anthropophage qui, sur une île grecque, se repaît d’un groupe de touristes. Il enchaîne ensuite avec les scripts de La Nuit Fantastique des Morts-Vivants, Porno Holocaust, et Hard Sensation à nouveau dirigés par Joe D’Amato et qui mêlent horreur et érotisme, et dans lesquels, évidemment, il apparaît à l’écran. En 1981, il enfonce le clou dans le gore le plus radical avec le bien nommé Horrible qu’il scénarise et où il campe un être mystérieux au pouvoir de guérison surnaturel, qui multiplie les crimes les plus abjects qui soient. Toujours dirigée par D’Amato, cette série B décomplexée repousse encore plus loin les limites de la bienséance.

 

Parallèlement à ses activités de scénariste dans l’horreur, il prend part, dès le début des années 80, à la vague des productions postapocalyptiques qui déferlent sur le cinéma transalpin et rejoint le générique de productions comme 2019 après la Chute de New York, de Sergio Martino ou Le Gladiateur du Futur de Joe D’Amato avec qui il-réalise, la même année (soit en 1983), 2020 Texas Gladiators, effectuant ainsi ses débuts derrière la caméra. Un poste qu’il n’occupera qu’une seconde fois, en 1990, sur Metamorphosis, sympathique métrage, au modeste budget, mariant SF et body horror. Parmi les autres films significatifs auxquels il a collaboré, citons également Atomic Cyborg, de Sergio Martino, Les Barbarians, amusante production d’heroic-fantasy mise en boîte par Ruggero Deodato où il prête ses traits à Jacko un marchand d’armes, ou encore Sentence de Mort, efficace slasher dirigé par Lamberto Bava. Parmi ses autres titres de gloire, il convient de mentionner Bloody Bird, l’excellent premier long-métrage de Michele Soavi, récompensé par le prix de la section Peur au festival d’Avoriaz en 1987 et dont il a signé le scénario (sous le pseudo de Lew Cooper).

 

A partir des années 90, et à quelques exceptions près (il apparaît, en 2004, au générique de La Rivincita di Natale, de Pupi Avati, la suite de Regalo di Natale), il délaissera peu à peu sa carrière de comédien pour se consacrer à celle de scénariste en travaillant, la plupart du temps sous le nom de de Luigi Montefiori, pour le petit écran.

 

ERWAN BARGAIN

 

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