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Le poids des ancêtres

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Colombie/Etats-Unis. 2025. Réal.: Felipe Vargas. Scén.: Alan Trezza. Prod.: Phillip Braun, Javier Chapa et Jon Silk. Photo : Carmen Cabana. Mus.: Brooke Blair et Will Blair. Mont.: Claudio Castello. 1h28. Avec : Emeraude Toubia, David Dastmalchian, Diana Lein, Paul Ben-Victor. (Insomnia).

 

Une nuit, alors qu’une tempête de neige fait rage, Rosario, une courtière en bourse, veille sur le corps de sa grand-mère fraichement décédée. Des forces surnaturelles vont rapidement se manifester…

 

Premier long-métrage du Colombien Felipe Vargas, Rosario est une œuvre ambitieuse qui laisse au final un sentiment mitigé. En s’attaquant aux thèmes de la sorcellerie et de la malédiction via les rites du Palo Mayombe, proches du vaudou et de la santeria, le réalisateur avait des bases solides pour signer une série B efficace à défaut d’être fondamentalement originale. Or, en dépit de ses qualités, cette production, en raison d’un scénario inabouti, ne tient pas vraiment ses promesses. Le film, pourtant, débute de fort belle manière, dès son générique, en nous présentant l’héroïne, encore enfant, lors de sa fête de communion. Au cours de cette séquence, la fillette, élevée dans la religion catholique, apprend, étrangement, que sa grand-mère n’a pas les mêmes croyances que les siennes. Cette révélation amorce un récit qui nous projette, par la suite, au présent, époque où Rose, désormais adulte et courtière en bourse avisée, se donne pour mission de veiller sur la dépouille de sa défunte aïeule le temps qu’une ambulance ne vienne récupérer le corps. Le cinéaste plante ainsi la situation avec application et l’arrivée de la jeune femme dans l’immeuble, puis dans l’appartement de Griselda, s’impose comme de beaux moments. A cela s’ajoutent des seconds rôles qui auraient gagné à être étoffés (le personnage de Joe) mais qui contribuent à façonner une atmosphère déplaisante et angoissante. De plus, certaines scènes font leur petit effet, notamment quand l’esprit maléfique se manifeste. Malheureusement, la principale faiblesse du métrage vient de son héroïne dont le comportement n’a rien de rationnel alors qu’elle est censée avoir les pieds sur Terre, Rosario allant jusqu’à pratiquer des rituels et incantations sans rien comprendre aux croyances ancestrales. A cela s’ajoute une réflexion, en filigrane, sur le sacrifice de parents immigrés qui tombe comme un cheveu sur la soupe, comme si Vargas tentait de justifier son intrigue. Des scories et incohérences qui, à l’arrivée, altèrent les ambitions de ce film pourtant prometteur.

 

ERWAN BARGAIN

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