SUPERGIRL : NOTRE AVIS

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SUPERGIRL : NOTRE AVIS

SUPERGIRL : la critique de l’EF

Telle qu’on ne l’a jamais vue !

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USA. 2026. Réal : Craig Gillespie.  1h50. SORTIE: 1er JUILLET 2026

 

Elle cuve son vin, affalée dans le coin d’une taverne mal famée, avec pour seul compagnon son chien Krypto qui tente de la réveiller en lui léchant la figure.  Et voilà que non loin, une bande de pirates commandée par le cruel Krem des Collines d’Ocre (Krem of the Yellow Hills) massacre une famille de paysans, n’épargnant que la jeune Ruthye Marye qui, armée du sabre paternel, est bien décidée à se venger, avec l’aide de sa voisine qui émerge douloureusement.  Mais qui est-elle ? Nulle autre que Kara Zor-El, autrement dit Supergirl, venue fêter en solitaire son vingt-et-unième anniversaire sur une planète qui, malheureusement pour elle, baigne dans la lumière d’un soleil rouge lui enlevant tous ses pouvoirs. Aussi ne peut-elle qu’assister à la fuite des pirates, non sans que Krem ait gravement blessé Krypto d’une flèche empoisonnée, d’où la mort dans les trois jours, à moins de mettre la main sur l’antidote que possède le tireur. Après une première et unique apparition en 1984 dans le film de Jeannot Szwarc moins mauvais qu’on avait bien voulu le dire, revoilà donc la cousine de Superman qui avait fait un brève apparition l’an dernier à la fin du métrage de James Gunn, lui-même gardant l’œil comme producteur sur l’impeccable réalisation de Craig Gillespie, adaptant la série de comics Supergirl, Woman of Tomorrow (2021-2022) de Tom King illustré par Bilkis Evely, édité en France sous le forme d’un impressionnant album de 280 pages dont nous avons rendu compte ici dans notre numéro de juin…

D’où, pour entrer dans le cadre du renouveau instauré par DC Universe, une refonte plus moderne de ses héros où Kara, loin de l’héroïne en cape et collants que l’on connait (elle ne les revêtira qu’à la toute fin pour recoller au mythe) est présentée comme une gamine immature, une rebelle plutôt punk qui se fait régulièrement mais gentiment sermonné par son cousin, ce qui donne à David Corenswet l’occasion de quelques visites rapide, lui fidèle à son personnage sans tache. Alors que Kara qui, lunettes fumées sur les yeux, mèches mal lavées, légèrement joufflue impose, grâce à la prestation aiguisée de Milly – House of the Dragon – Alcock, l’image pas toujours aimable d’une superwoman qui est loin de l’être toujours et, peu soucieuse de sauver le monde, n’a qu’un but : sauver son chien. D’où, oubliant la thématique traditionnelle de la Terre attaquée par les monstres, un métrage ciblé space opera dans la ligne des Gardiens de la galaxie, propulsant Kara et Ruthye de planète en planète dans une action sans le moindre temps mort où la présence de Jason Momoa en mercenaire à moto évoque Mad Max, un autre plaisir étant de fréquenter à chque plan des créatures toutes plus étranges les unes que les autres qui en remontrent à la fameuse séquence de la taverne du premier Star Wars, où elles étaient dessinées par Moebius, sans oublier le flash back spectaculaire de la destruction de Krypton. Si l’humour est bien présent, la morale n’est pas oubliée, quand bien même elle peut se montrer distordue, ainsi de notre rebelle dissuadant sa jeune compagne de se venger («Tuer, ça ne t’apaisera pas ! »), alors qu’elle-même n’a pas cette pondération : faites ce que je dis, pas ce que je fais ! De quoi en attendre bien d’autres d’une figure qu’on croyait lisse mais qui, ainsi remodelée, a acquis en un seul film une place qu’elle n’est pas prête de quitter.

 

Jean-Pierre ANDREVON

 

 

Voir dossier dans le reboot n°50

 

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