VOD





Ours, es-tu là ?
**
USA. 2026. Réal.: Burke Doeren. Scén.: Bo Bean, Katrina Mathewson et Tanner Bean. Prod.: Burke Doeren, Lauren Call et Kellie Doeren. Photo : Brian Mitchell et Ian Start. Mus.: Dan Reckard. Mont.: Michael DeJohn. 1h27. Avec : Charles Esten, Lauren Call, Brec Bassinger, Jack Griffo, Oded Fehr. (Amazon).
Le 12 août 1967, dans le Montana, des randonneurs et des campeurs en quête de grands espaces se retrouvent confrontés à des grizzlis agressifs…
Inspiré d’une histoire vraie s’étant déroulée à la fin des années 60, Grizzly Night est une petite production qui, loin d’être dénuée d’intérêt, reste inaboutie. Le premier long-métrage de Burke Doeren, jusqu’ici surtout reconnu comme directeur de la photographie, s’inscrit dans la grande tradition des films d’attaque animale et met en scène des ours peu enclins à partager leur espace vital avec les humains et en particulier les touristes en quête de dépaysement. L’idée n’est évidemment pas nouvelle et le cinéaste, malgré des intentions louables, ne parvient pas à livrer autre chose qu’une petite série B, agréable à regarder mais qui peine à transcender son sujet. En cause : le scénario et en particulier les personnages (incarnés par une distribution inégale), sans doute trop nombreux et qui manquent cruellement d’épaisseur psychologique, à l’image de Joan, l’héroïne, dont on a du mal à cerner les sentiments et les ressentis face à la situation. A cela s’ajoute le côté un peu répétitif de l’action, les protagonistes se contentant pendant une trentaine de minutes d’effectuer des allers-retours entre la forêt et l’immense chalet leur servant d’hébergement. Passé ces défauts, Grizzly Night n’est pas dépourvu de qualité, comme l’illustre la manière dont le réalisateur tire profit des paysages naturels, mais aussi l’utilisation qu’il fait de la bande-son. Les attaques se déroulant de nuit, le cinéaste joue en effet sur les bruitages renforçant l’impression de menace qui pèse sur les malheureux campeurs. Ceux qui s’attendent à voir le sang couler à flot en seront pour leur frais, car hormis deux corps aux chairs laminées, le film se montre assez avare en maquillages spéciaux. Se concentrant sur les faits, Doeren opte ainsi pour une approche réaliste et développe, lors de la conclusion, un message environnemental, certes didactique, mais qui a le mérite de replacer les évènements et leurs conséquences dans le contexte de l’époque.
ERWAN BARGAIN

