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LE DERNIER REFUGE
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(The Last House). USA/Royaume-Uni/France. 2026. Réal.: Louis Leterrier 1h52. (Netflix).
Pour des raisons inexpliquées, une famille, comme tous les autres foyers de la ville, se retrouve prisonnière de sa maison, dans l’impossibilité d’en sortir. Alors qu’à l’extérieur, la pluie ne cesse de tomber, une étrange menace semble peser sur le couple et ses deux enfants dont les réserves en nourriture s’amenuisent chaque jour…
Inutile de le lier : Le Dernier Refuge est loin d’être parfait. Annoncé comme la nouvelle production Netflix à sensations, le film de Louis Leterrier laissera, en effet, un sentiment mitigé à de nombreux spectateurs. Non pas que le métrage soit mauvais, loin de là, mais son postulat de départ alléchant et intrigant à souhait n’est, avouons-le, pas toujours exploité de la meilleure des manières. L’histoire, écrite par Matthew Robinson (co-auteur du script de Love and Monsters) débute pourtant de façon prometteuse et pose assez rapidement les jalons d’un récit qui, se déroulant à huis-clos, est développé, dans sa première partie, avec une indéniable efficacité. Le réalisateur plante ainsi rapidement le décor et les évènements maintenant la famille prisonnière de son propre logis attisent indéniablement la curiosité. La découverte de l’enfermement, la prise de conscience du couple, la mise en œuvre du rationnement alimentaire, les moyens d’entrer en communication avec le voisinage, le quotidien familial tenant grâce à de petits rituels…Tout cela est bien amené et témoigne d’une réelle ambition narrative, ambition qui, malheureusement, se retrouve, par la suite, altérée par un scénario qui tire à la ligne et qui est truffé d’incohérences. Car au-delà du fait que la nourriture, durant des mois, viendrait, dans de telles circonstances, à manquer, les aptitudes du père, ingénieur de son état et qui, grâce à son inventivité, parvient à fabriquer toutes sortes de choses avec un rien, ne peuvent que prêter à sourire. A cela s’ajoutent des longueurs évitables (le film aurait gagné à être plus court) qui font, par moments, retomber la tension et le suspense. Reste que si on fait abstraction de ces quelques faiblesses, Le Dernier Refuge se laisse regarder sans déplaisir et, servi par une mise en scène solide et efficace et une belle photographie, s’impose même, au final (et malgré un dénouement précipité et convenu), comme une série B de luxe relativement divertissante dont la dimension lovecraftienne séduira sans aucun doute une partie du public.
ERWAN BARGAIN

