L’AVIS DE L’EF

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USA. 2026. Réal.: Zach Cregger.
Bryan, coursier médical doit transporter dans des boites réfrigérées divers organes destinés à être greffés d’urgence. Un soir, alors qu’il a bien gagné sa journée, on lui propose, payé double, un dernier voyage pour l’hôpital de Raccoon City. On le retrouve s’enfonçant en pleine nuit au volant de sa voiture dans des montagnes enneigée. Un choc, il a heurté une femme surgie devant son capot et qui, bien que membres disloqués et le visage en sang, s’enfuit dans les bois où Bryan parvient à la rejoindre et la ramener sur la route où un flic arrive, qui embarque la blessée, avant de dévisser et se tuer dans l’accident. Cette histoire, qui n’en est qu’à ses premières minutes, semble illustrer la loi de Murphy, à savoir : «Tout ce qui est susceptible d’aller mal ira mal». Car voilà notre pauvre Bryan avec sur les bras deux cadavres dont l’un(e) n’est pas tout à fait mort et, dans une maison solitaire où il a trouvé refuge, l’agresse avec les tentacules qui lui ont poussé de partout…
Qui n’a pas vu les premiers Resident Evil réalisés entre 2002 et 2016 par Paul W. S. Anderson avec et Milla Jovovich, ni les jeux vidéo qui en sont à la base, ne risquent pas d’être largués en route car le film de Zach Cregger a (presque) tout repris à zéro, même s’il s’agit bien, une fois dans l’hôpital où on expérimente le Virus T… mais chut ! Si l’on a en mémoire le précédent film du réalisateur, Évanouis, avec son mystère en sourdine, on risque d’être surpris par un total changement de ton car ici, au lieu de baigner, à croire ce qui précède, dans un film d’épouvante bon teint, c’est l’humour qui est aux postes de commande. Noir bien entendu où, si l’on veut, rouge du sang qui ne cessera d’éclabousser toute surface – ainsi de cette pluie de suicidés se jetant des étages pour exploser au sol, ou ce Boudha obèse dont la panse éclatée libère des viscères vivants. Le total filmé avec une décontraction juvénile et un plaisir manifeste, porté par Austin Abrams (déjà dans Évanouis), en niais complétement dépassé à qui Cregger fait hurler «Vive les jeux vidéo !» et doit prononcer au moins cent fois le mot f…! et tout autant la question That’s Okey ? alors que non, rien ne va dans la succession de catastrophe qu’il traverse mais qu’on ne doit surtout pas prendre au sérieux.
Jean-Pierre ANDREVON

