ELKE SOMMER (1940-2026) Hommage

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ELKE SOMMER (1940-2026) Hommage

 

 

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Le charme allemand

 

 

Disparue le 28 octobre 2026, Elke Sommer restera pour beaucoup de fantasticophiles la belle Lisa dans le film de Mario Bava, Lisa et le Diable.

 

 

 

Comptant parmi la plus internationale des actrices allemandes, Helke Sommer a, durant plus de 40 ans de carrière, illuminé de sa présence le 7e art, jouant sous la direction de quelques grands cinéastes de son époque. Née à Berlin, en 1940, au début de la Seconde Guerre mondiale, Elke Schletz (de son vrai nom) s’installe à Londres comme fille au pair à l’âge de 17 ans avant de séjourner quelques mois plus tard en Italie où elle est élue miss de la ville de Viareggio. Elle fait sa première apparition à l’écran peu de temps après dans L’Amico del Giaguaro, de Giuseppe Bennati, métrage qui lui permet d’être repérée par le comédien Vittorio De Sica qui la demande pour partenaire pour Uomini e nobiluomini, comédie de Giorgio Bianchi où elle prête ses traits à Catharina, la domestique d’un marquis campé par De Sica. Dès lors, elle enchaîne les tournages et joue sous la direction de cinéastes tels Lucio Fulci (Les Mordus du Juke-Box et Urlatori lla sbara, deux films où elle tient le haut de l’affiche), Pietro Francisci (Sapho, Vénus de Lesbos) et même Max Pécas (De quoi tu te mêles, Daniela ! et Douce Violence).

 

Comédies, drames, films d’aventures…elle navigue avec facilité d’un genre à l’autre. Sa beauté, sa blondeur et son talent ne laissent pas insensibles les cinéastes qui, durant les années 60 ne cessent de faire appel à elle. Tant et si bien que sa renommée finit par dépasser les frontières européennes et la conduit rapidement à pousser les portes d’Hollywood. Ainsi, en 1963, elle donne la réplique à Paul Newman dans Pas de Lauriers pour les Tueurs (The Prize), de Mark Robson avant de rejoindre la distribution de Quand l’Inspecteur s’emmêle, où elle incarne une soubrette dont l’inspecteur Clouseau (Peter Sellers) souhaite démontrer l’innocence dans une affaire de crime. En 1972, après avoir posé pour Playboy et être apparue dans Zeppelin, d’Etienne Périer aux côtés de Michael York, elle se frotte au Fantastique avec Baron Vampire que conçoit le grand Mario Bava. Dans cette coproduction germano-italienne, l’actrice se glisse dans la peau d’Eva, une ancienne étudiante, aux prises avec un aristocrate maudit revenu d’entre les morts. Convaincu par la performance de Sommer, Bava lui confie le premier rôle de l’un de ses films suivants, à savoir Lisa et le Diable, où elle campe l’héroïne, une touriste qui, après s’être perdue, trouve refuge dans un manoir, théâtre d’évènements dépassant l’entendement. En 1978, elle est au générique de L’Etrangleur Invisible, série B sans saveur mariant SF et thriller et mise en boîte par John Florea (avec l’aide de Gene Fowler Jr. et Arthur C. Pierce) puis elle retrouve Peter Sellers pour les besoins de la comédie d’aventures Le Prisonnier de Zenda, de Richard Quine. A partir de la toute fin des années 70, elle va commencer à se faire plus rare sur les écrans. Elle est ainsi au générique de l’excellent et méconnu The Double McGuffin, de Joe Camp, aux côtés d’Ernest Borgnine et George Kennedy, puis apparaît en 1981, dans un épisode de la série télé «L’Ile Fantastique» avant de recommencer à travailler, de plus en plus souvent, en Europe et en particulier en Allemagne.  Ce qui ne l’empêche pas de s’adonner encore à deux ou trois reprises à notre genre de prédilection, en tournant dans Hors de Contrôle, comédie horrifique de Damon Santostefano, où, suite à une expérience peu probante, une créature reptilienne se met à pousser sur le bras amputé d’un homme, mais aussi et surtout dans Flashback, sympathique slasher germanique, réalisé par Michael Karen, distribué en 2000 outre-Rhin et sorti directement en vidéo par chez nous.

Ayant peu à peu délaissé le cinéma pour se consacrer à la peinture, Elke Sommer aura, particulièrement durant les années 60 et 70, marqué les esprits de nombreux cinéphiles et ce, tout en témoignant d’un éclectisme assumé.

 

ERWAN BARGAIN

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