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EIGHT EYES
L’horreur interne
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Serbie/USA. 2023. Réal.: Austin Jennings. Scén.: Austin Jennings et Matthew Frinks. Prod.: Matt Manjourides, Justin A. Martell et Milos Djukelic. Photo : Sean Dahlberg. Mus.: Devon Goldberg. Mont.: Austin Jennings. 1h29. Avec : Emily Sweet, Bradford Thomas, Bruno Veljanovski. (Shadowz).
Un couple de vacanciers américains qui se rendent, pour leur voyage de noces, en ex-Yougoslavie, vont rencontrer un homme étrange, nommé Saint Pierre, qui propose de leur servir de guide…
Coproduction serbo-américaine, Eight Eyes est une série B qui ne manque pas de qualités. Comme en témoigne, dès le début, son auteur, Austin Jennings, qui ne cache pas ses influences en allant puiser dans le cinéma d’horreur des année 70 et 80 via l’esthétique du générique d’ouverture avec sa typographie très marquée, impression qui ne fera que se confirmer jusqu’au dénouement. Puis, vient une séquence de mariage, à Belgrade, qui permet au réalisateur d’introduire ses deux héros, Cass et Gav, deux Américains partis visiter l’ex-Yougoslavie. Après nous avoir offert quelques plans de la ville, l’histoire nous transporte dans un train où le personnage de Saint Pierre (avec son œil manquant) se révèle vite envahissant et malaisant. Un malaise qui, ce va de soi, ne fera que croitre au fur et à mesure du récit. Du coup, on sent, au bout d’une quinzaine de minutes, que l’histoire va déraper à un moment ou à un autre. Ce qui évidemment sera le cas, le cinéaste amorçant un virage vers l’horreur dans la deuxième partie du métrage. Dans des décors glauques au possible, il catapulte sa jeune héroïne, soumise à des hallucinations auditives (ce qui n’arrange pas les choses), en plein cauchemar, un peu à la manière de ce que faisait Eli Roth à ses protagonistes dans Hostel. Car les références au torture porn sont flagrantes et totalement assumées par le réalisateur qui, les conjugue, ici, à des rites ancestraux comme pour afficher sa singularité. Reste que les scènes gore sont brutales et raviront les adeptes du genre qui apprécieront le grain de l’image et la mise en scène très réaliste de l’ensemble. A cela s’ajoutent une interprétation tout à fait convaincante (mention spéciale à Bruno Veljanovski, terrifiant dans le rôle de Saint Pierre) et un final quelque peu surprenant à défaut d’être totalement inattendu, ce qui suffit à faire de Eight Eyes une production tout à fait fréquentable et recommandable.
ERWAN BARGAIN

