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THE PAINTED
L’art plus fort que la mort
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USA. 2024. Réal. et scén.: Sacha Sibley. Prod. : Sacha Sibley et Svetlana Sibley. Photo : Peter Bui. Mus.: Frederick Wiedmann. Mont.: Sacha Sibley. 1h25. Avec : Aleksa Palladino, Sean Bridgers, Jadon Cal, J. Bell. (Insomnia)
Devant gérer l’héritage d’un parent récemment décédé, une famille se rend dans l’immense demeure qui leur revient afin de procéder à un inventaire des meubles et des objets qui s’y trouvent. Elle va rapidement comprendre que les tableaux accrochés aux murs renferment un sombre secret…
Deuxième long-métrage de Sacha Sibley (et inspiré d’un de ses courts), The Painted est une production indépendante loin d’être déshonorante mais qui, malheureusement, au final, demeure inaboutie. La séquence pré-générique, assez intrigante, laisse présager un film assez original. Ce qui est, d’une certaine façon, le cas, le scénario ayant le mérite de sortir des sentiers battus et de proposer une histoire qui ne sent pas le réchauffé, loin de là. L’idée de tableaux vivants est, en effet, assez excitante sur le papier et très prometteuse, et le réalisateur parvient, par moments, à en tirer profit en nous offrant de jolis moments de peur (cf. la séquence dans la chambre de Janice, la fille aînée, ou encore celle où Nelson se fait aspirer par le tableau). S’appuyant sur une mise en scène appliquée à défaut d’être renversante et des effets spéciaux relativement convaincants, Sibley témoigne d’un certain savoir-faire mais, malheureusement, pêche en raison d’une narration parfois hésitante qui fait retomber la tension et par quelques passages plus maladroits (en témoigne quand Evelyne est dans la cave de la demeure maudite en proie aux portraits). À cela s’ajoute une interprétation inégale et des personnages manquant d’épaisseur psychologique, même si la relation de couple est plutôt bien rendue. Reste que les efforts dont fait preuve le cinéaste pour nous proposer une œuvre possédant sa propre personnalité sont louables et méritent d’être soulignés, et ce, malgré une fin quelque peu tirée par les cheveux.
ERWAN BARGAIN

