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STRANGE HARVEST


Sur les pas d’un tueur…illuminé
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USA. 2024. Réal. et scén.: Stuart Ortiz. Prod.: Stuart Ortiz, Bruce Guido et Alex Yesilcimen. Photo : Seth Fuller. Mus.: Sarah DeCourcy. Mont.: Stuart Ortiz. 1h34. Avec : Peter Zizzo, Terri Apple, Andy Lauer, Allen Marsh. (Shadowz).
Dans la banlieue de San Bernardino, en Californie, des enquêteurs traquent un tueur en série, nommé Mr. Shiny, dont les crimes semblent répondre à un rituel bien précis…
Moitié des Vicious Brothers, auteurs de Grave Encounters, Stuart Ortiz renoue avec le found-footage, sous-genre qui, comme il le prouve à nouveau, lui va comme un gant. Après un avertissement comme quoi certaines scènes sont susceptibles de heurter les téléspectateurs, ce faux documentaire débute par l’interview de Joseph Kirby, enquêteur de police judiciaire, puis différents intervenants, face caméra, viennent témoigner et relater les faits de cette sordide affaire prenant sa source au milieu des années 90. Le réalisateur ne perd pas de temps pour planter le décor et nous fait découvrir une scène de crime dès les cinq premières minutes avant même que le générique défile. Cette entrée en matière est pertinente et très accrocheuse, tout comme les détails morbides qui sont donnés par les témoins et qui apportent une certaine véracité à cette histoire inventée de toutes pièces. Cette approche permet de mettre en avant le mode opératoire, particulièrement macabre, employé par le tueur (le corps retrouvé asséché par des sangsues). Le récit, cela va de soi, ne manque pas de rebondissements et prend même dans sa dernière partie une tournure inattendue qui ne fait qu’accentuer son intérêt. La dimension rituelle des meurtres commis par Sykes, le coupable, tout comme son passé, contribue grandement au mystère entourant l’intrigue et ce, jusqu’au dénouement. A cela s’ajoutent les images des meurtres, souvent sanglants, qu’Ortiz n’hésite pas à nous dévoiler et qui font, doucement, basculer l’affaire vers l’irrationnel. Alors évidemment, il y a bien, comme la plupart du temps dans ce type d’exercice, quelques longueurs et le film aurait gagné à être plus court, mais le cinéaste se montre suffisamment habile pour nous tenir en haleine, d’autant plus qu’il s’appuie sur une interprétation de qualité participant à la réussite de ce found-footage tout à fait recommandable.
ERWAN BARGAIN

