SAM NEILL : hommage

nos collections

SAM NEILL : hommage

In Memoriam

 

SAM NEILL (1947-2026)

Le charisme des grands

 

Avec la disparition de Sam Neill, le 7e art perd un comédien de très grande classe qui a régulièrement arpenté les chemins du Fantastique.

 

 

Possession, Jurassic Park, L’Antre de la Folie mais aussi Un Cri dans la Nuit, A la Poursuite d’Octobre Rouge ou encore La Leçon de Piano… Sam Neill, disparu le 13 juillet dernier, était une figure emblématique du septième art, qui, durant sa carrière, a alterné blockbusters et films d’auteur avec une aisance incontestable.

Né en 1947, en Irlande du Nord, Nigel Neill (de son vrai nom) emménage avec ses parents, à l’âge de sept ans en Nouvelle-Zélande, pays dont est originaire son père. Après des études de littérature anglaise, il se lance dans le théâtre et joue au sein de différentes compagnies avant d’écrire, de réaliser et d’interpréter son premier court-métrage, Telephone Etiquette, en 1974. Dès lors, il ne cessera d’apparaître au cinéma trouvant dans Landfall, de Paul Maunder son premier rôle sur grand écran avant de tenir le haut de l’affiche du méconnu Coup d’Etat (Sleeping Dogs), thriller d’anticipation postapocalyptique signé Roger Donaldson dans lequel il prête ses traits à Smith, un homme qui, dans une Nouvelle-Zélande devenue fasciste, s’installe avec son chien dans une péninsule peu peuplée espérant y trouver la tranquillité.

 

Après avoir joué dans «The Sullivans», une série télé, il incarne Damien Thorn, dans le troisième volet de La Malédiction, La Malédiction finale, que met en boîte Graham Baker, en 1981, puis, quelques mois plus tard, est dirigé par Andrzej Zulawski, dans le perturbant Possession où il a pour partenaire Isabelle Adjani. Dans cette œuvre, devenue culte au fil du temps, il campe Mark, qui découvre que l’amant de sa femme n’a rien d’humain. En 1982, il partage l’affiche avec Martin Sheen, Brigitte Fossey et Michael Lonsdale, d’Enigma, film d’espionnage franco-britannique de Jeannot Szwarc et tourne ensuite sous la direction de Claude Chabrol, dans Le Sang des Autres, adaptation du roman éponyme de Simone de Beauvoir, où il donne la réplique à Lambert Wilson, Jodie Foster et Stéphane Audran. En 1985, il interprète un second rôle dans Plenty qui marque sa première collaboration avec Fred Schepisi qu’il retrouve en 1988 pour Un Cri dans la Nuit. Dans cet excellent drame judiciaire, il incarne Michael Chamberlain, l’époux de Lindy, une mère de famille, accusée d’infanticide alors que son enfant a été victime d’une attaque de dingos, pendant qu’elle campait avec sa famille dans l’Outback australien. Inspiré d’un fait divers, cette production, considérée comme un classique du genre a valu le Prix d’interprétation féminine à Cannes à Meryl Streep. Quelques mois plus tard, le réalisateur australien Philip Noyce lui confie, aux côtés de Nicole Kidman, le premier rôle dans Calme Blanc, thriller horrifique intense et haletant. Il y incarne John Ingram qui, suite au décès de son fils, part avec sa femme en mer. Au large, ils portent secours à Hughie, un naufragé qui prétend que l’équipage de son bateau est mort empoisonné à cause d’une nourriture avariée. Formant, avec Kidman, un couple auquel on s’attache rapidement, Neill confirme ici, et une fois de plus, son immense talent et sa capacité à se fondre littéralement dans ses personnages. Toujours en 1989 sort La Révolution Française, fresque de près de six heures divisée en deux parties et co-réalisée par Robert Enrico et Richard T. Heffron, où il prête ses traits à La Fayette.

 

La consécration

 

Peu de temps après, Sam Neill rejoint le casting de l’excellent A la Poursuite d’Octobre Rouge, signé John McTiernan. Dans cette adaptation d’un roman de John Clancy, il donne la réplique, dans la peau d’un officier de sous-marin russe, à Sean Connery, Alec Baldwin et Scott Glenn. En 1992, après avoir joué dans la comédie noire Death in Brunswick, de John Ruane, et, sous la direction de Wim Wenders dans Jusqu’au bout du Monde, il croise la route, une première fois de John Carpenter pour les besoins des Aventures d’un Homme Invisible, comédie de SF sous-estimée, dans laquelle il incarne, avec brio, un membre de la CIA. En 1993, il est à l’affiche de La Leçon de Piano, de Jane Campion, Palme d’or à Cannes mais aussi et surtout de Jurassic Park, de Steven Spielberg. Ce dernier lui confie le rôle d’Alan Grant, un paléontologue qui découvre, fasciné, des dinosaures, recréés génétiquement pour un parc d’attraction. Son personnage, empli d’humanité, va marquer toute une génération de cinéphiles et lui permettre d’acquérir une reconnaissance internationale. Il se glissera d’ailleurs à deux autres reprises dans la peau de Grant, en 2001, dans Jurassic Park 3, de Joe Johnston puis en 2022, dans Jurassic World : Le Monde d’Après, dirigé par Colin Trevorrow. Autre rôle ô combien emblématique : celui de John Trent dans L’Antre de la Folie, le monument que John Carpenter met en scène en 1994 et qui permet au cinéaste de diriger pour la seconde fois le comédien.  Trent, un enquêteur d’assurance, est chargé par la maison d’édition Arcane, de retrouver Sutter Cane, écrivain à succès spécialisée dans le domaine de l’horreur, afin de récupérer le manuscrit de son dernier roman. Habitant réellement le personnage, l’acteur contribue à la réussite de ce film lovecraftien qui s’impose comme un chef-d’œuvre instantané du septième art.

 

Toujours dans le domaine horrifique et après avoir joué dans Le Livre de la Jungle de Stephen Sommer, Sam Neill intègre, en 1997, la distribution de Blanche Neige : Le Plus Horrible des Contes, de Michael Cohn. Cette surprenant adaptation d’une des histoires les plus célèbres des frères Grimm nous entraîne sur les traces de Claudia (Sigourney Weaver), la nouvelle épouse de Lord Hoffman (Sam Neill) qui ne s’entend pas avec Lilly, la fille de son mari issu d’un premier mariage, qu’elle va tenter de faire tuer…Se concentrant sur la méchante Reine et non sur Blanche Neige (nommée ici Lilli), cette relecture sombre et haletante, a malgré son casting des plus attrayants, connu une distribution chaotique. Ce qui n’est pas le cas d’Event Horizon, Le Vaisseau de l’Au-Delà, de Paul W. S. Anderson, film de SF horrifique qui, en dépit de son échec commercial lors de sa sortie, a acquis, au fil du temps, ses galons d’œuvre-culte. Dans cette production, l’acteur prête ses traits au docteur Weir, l’un des membres d’équipage d’un vaisseau spatial envoyé en mission de sauvetage près de Neptune et qui est confronté à une force surnaturelle terrifiante. Charismatique à souhait comme à son habitude, le comédien est nominé aux Fangoria Chainsaw Awards pour sa performance. Toujours au rayon des métrages ayant été réévalués avec le temps, L’Homme Bicentenaire, de Chris Columbus, permet à Sam Neill d’incarner Richard, un père de famille au grand cœur épaulant Andrew, un robot en quête d’humanisation.

 

Grand et petit écran

 

A partir des années 2000 et comme semblait l’annoncer le très réussi Merlin de Steve Barron sous la direction duquel il interprète le rôle-titre, Sam Neill s’oriente peu à peu vers le petit écran comme en témoignent sa participation à des programmes tels «To The Ends of the Earth», «Triangle : Le Mystère des Bermudes», «Les Tudors» ou encore «Peaky Blinders». Une activité télévisuelle qu’il mène de front avec ses apparitions au cinéma dans des œuvres aussi hétéroclites que Daybreakers, film de vampires des frères Spierig, Backtrack : Les revenants, où il donne la réplique à Adrien Brody, ou encore La Porte Magique, réjouissant divertissement fantastique destiné à un large public et réalisé par Jeffrey Walker. Après avoir porté sur ses épaules, durant 26 épisodes, la formidable série judiciaire «The Twelve», où il campe, avec beaucoup d’humanité, un avocat de la défense, il est au casting de la romantique The Last Resort, de Donald Petrie et tient un rôle secondaire dans Godzilla X Kong : Supernova, deux productions attendues pour 2027.

Artiste charismatique dont la présence a irradié de nombreuses productions durant 50 ans, Sam Neill Laissera un grand vide dans le cinéma mondial.

 

ERWAN BARGAIN

Screenshot

dernières actualités

soutenir l'écran fantastique

Soutenez les projets fantastiques de l’Ecran Fantastique ! Nous avons besoin de vous !